Ronald Creagh – Histoire de l’anarchisme aux États-Unis d’Amérique (1826-1886)

Paru en 1981, l’ouvrage de Ronald Creagh est une étude des premières manifestations de l’anarchisme aux USA au XIXe siècle.

« Un itinéraire tracé par la Déclaration d’indépendance de 1776, considérée comme une proclamation de la souveraineté des peuples sur leur gouvernants.
Telle aurait été jusqu’à la fin du 19ème siècle l’odyssée des anarchistes aux États-Unis si leur rapport avec les pouvoirs établis n’avait engendrée une dialectique hautement conflictuelle.
Le refus de toute relation dominatrice a conduit une minorité – moins marginale et plus influente qu’on ne le pense – à un réexamen des effets historiques de la démocratie. »

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Jan Waclav Makhaïski – Le socialisme des intellectuels

Cette sélection de textes réalisée par Alexandre Skidra et publiée pour la première fois en français en 1978, est une contribution importante à la critique des théoriciens et des organisateurs du mouvement socialiste du XIXe siècle et du début du XXe. Toute ressemblance avec certains de nos contemporains n’est pas fortuite…

Penseur polonais écrivant en russe, Jan Waclav Makhaïski, fréquenta longuement, à la fin du XIXe siècle, les milieux révolutionnaires russes et internationaux, en particulier au cours de ses années d’exil en Sibérie. A la suite d’une réflexion approfondie sur les classiques du marxisme, il abouti à une conclusion extrême.

Pour lui l’idéologie socialiste dissimule, en fait, les intérêt d’une nouvelle classe ascendante : les travailleurs intellectuels. Ces « capitalistes du savoir » utilisent leurs compétences dans la direction et la gestion du système dominant pour séduire les prolétaires, afin d’évincer les anciens possédants, « capitalistes de l’avoir », non pour détruire le capitalisme, mais pour aménager au mieux leurs intérêts. Dans cette nouvelle perspective de la lutte des classes, le clivage historique et idéologique ne se situe plus entre bourgeoisie et prolétariat, mais entre dirigeants et exécutants. Une analyse partagée par plusieurs théoriciens contemporains de Makhaïski, ou qui lui succédèrent.

Ce livre-clé permet de mieux comprendre l’évolution des socialistes et des gauchistes soixante-huitards, hier détracteurs du capitalisme au nom du prolétariat et de l’avenir d’une société radieuse, aujourd’hui ses partenaires conciliants au nom du bien public, tout cela pour sauvegarder leur place-charnière dans le système.

L’expérience historique, avec l’échec du projet d’émancipation du mouvement ouvrier au XXe siècle, illustre de manière saisissante la thèse de Makhaïski. Celle-ci prend forme sous nos yeux à travers divers textes publiés de 1898 à 1918.

Cliquer sur la couverture pour télécharger le pdf du livre :Le livre est également édité par les éditions Spartacus.

« Il est vrai que les intellectuels, tout comme les manœuvres, doivent vendre «leur force de travail» pour vivre, se «louer» à un patron ou à toute la société, à l’État. Cependant l’ouvrier vend ses mains nues, sa force physique, dont la nature l’a doté ; tout comme n’importe quel animal, il vend sa sueur et son sang. L’intellectuel, lui, apporte sur le marché ses connaissances qu’il a acquises grâce au travail, des ouvriers, comme le capitaliste son usine ; car, pendant qu’il étudiait à l’université, qu’il voyageait pour la «pratique» à l’étranger, les ouvriers, eux, se démenaient à l’usine, produisant les moyens de son enseignement, de sa formation «en faveur de l’humanité» […] Il vend aux capitalistes son savoir-faire pour extraire le mieux possible la sueur et le sang des ouvriers. Il vend le diplôme qu’il a acquis de leur exploitation […]. »

« Ceux qui ne se révoltent, tels les socialistes, que parce que le régime séculaire de pillage s’est aggravé, ceux-là ne font qu’exiger sa rénovation, son développement, et ne font rien de décisif pour sa suppression. C’est pourquoi les socialistes qui avaient promis tout au long du XIXe siècle la chute du régime bourgeois, n’ont fait en réalité que hâter son évolution, l’obligeant à aller de l’avant et à se rénover.
Ceux donc qui ne se révoltent que contre les maîtres dégénérés et inactifs, incapables de diriger davantage, ne font qu’en exiger de nouveaux plus capables, que faciliter leur avènement et, par conséquent, n’affaiblissent pas mais renforcent la domination séculaire de l’homme sur l’homme.
Tout comme les capitalistes se sont réconciliés avec les aristocrates, l’intelligentsia, tout le monde cultivé, se réconcilierait rapidement avec les anciens maîtres, pour un ordre socialiste, et la servitude des ouvriers ne ferait que se renforcer. »

Piotr Kropotkine – Paroles d’un révolté

En 1895 est publié ce recueil d’articles de Kropotkine parus dans Le Révolté dans les années 1880-1882, alors que celui-ci est en prison en France.

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Liste des articles :
La situation – La décomposition des États – La nécessité de la révolution – La prochaine révolution – Les droits politiques – Aux jeunes gens – La guerre – Les minorités révolutionnaires – L’ordre – La Commune – La Commune de Paris – La question agraire – Le gouvernement représentatif – La loi et l’autorité – Le gouvernement révolutionnaire – Tous socialistes ! – L’esprit de révolte – Théorie et pratique – L’expropriation

« Il y a des époques dans la vie de l’humanité, où la nécessité d’une secousse formidable, d’un cataclysme, qui vienne remuer la société jusque dans ses entrailles, s’impose sous tous les rapports à la fois. À ces époques, tout homme de cœur commence à se dire que les choses ne peuvent plus marcher ainsi ; qu’il faut de grands événements qui viennent rompre brusquement le fil de l’histoire, jeter l’humanité hors de l’ornière où elle s’est embourbée et la lancer dans les voies nouvelles, vers l’inconnu, à la recherche de l’idéal. On sent la nécessité d’une révolution, immense, implacable, qui vienne, non seulement bouleverser le régime économique basé sur la froide exploitation, la spéculation et la fraude, non seulement renverser l’échelle politique basée sur la domination de quelques-uns par la ruse, l’intrigue et le mensonge, mais aussi remuer la société dans sa vie intellectuelle et morale, secouer la torpeur, refaire les mœurs, apporter au milieu des passions viles et mesquines du moment le souffle vivifiant des passions nobles, des grands élans, des généreux dévouements. »

La Commune (Paris, 1871) (vf / 375min / 2000)

Peter Watkins a réalisé une fiction sur la Commune comme un documentaire contemporain. Pour raconter la Commune il montre une télévision aux ordres (Télévision Nationale Versailles) qui débite des informations lénifiantes, tandis qu’une télévision libre jaillie du Paris insurgé s’efforce de capter la fureur populaire.

Napoléon III perd la guerre contre la Prusse après un siège de Paris particulièrement dur pour le peuple parisien. Nous sommes en 1870-1871 et la misère est grande. Les 17 et 18 mars 1871, le peuple parisien, qui refuse la capitulation, se révolte. La Commune de Paris est née.
Alors que la télévision versaillaise rapporte l’événement de façon partielle et orientée, une commission communarde se crée et s’organise pour relayer ce moment qui, bien que majeur dans l’histoire du mouvement ouvrier, reste néanmoins l’une des périodes les plus méconnues de l’histoire de France.
Les journalistes se rendent sur les lieux où naît la Commune : mairie, barricades, clubs féministes, etc. et procède à des interviews pour rendre compte à la population de la réalité. Les gens disent leurs rêves, leurs révoltes, leurs combats et opposent leur opinions…

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Première partie
Deuxième Partie

Louise Michel – la Commune

Livre de Louise Michel sur la Commune de Paris de 1871, l’une de ses nombreuses figures.

« La Commune à l’heure actuelle est au point pour l’histoire. Les faits, à cette distance de vingt-cinq années, se dessinent, se groupent sous leur véritable aspect.
Dans les lointains de l’horizon, les événe­ments s’amoncellent de la même manière aujourd’hui avec cette différence, qu’alors, surtout la France s’éveillait, et qu’aujourd’hui c’est le monde. »

Louise Michel, avant-propos à La Commune.

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« Si un pouvoir quelconque pouvait faire quelque chose, c’est été la Commune composée d’hommes d’intelligence, de courage, d’une incroyable honnêteté, qui tous de la veille ou de long temps, avaient donné d’incontestables preuves de dévouement et d’énergie. Le pouvoir, incontestablement les annihila, ne leur laissant plus d’implacable volonté que pour le sacrifice, ils surent mourir héroïquement.

C’est que le pouvoir est maudit, et c’est pour cela que je suis anarchiste. »