Luttes des femmes & révolution sociale pendant la guerre d’Espagne (1936-1939)

Deux soirées à la Bourse du Travail de Périgueux sur l’organisation féministe et prolétarienne autonome Mujeres Libres pendant la révolution espagnole, avec la participation du collectif féministe Les Ronces (https://lesronces.wordpress.com) :

Vendredi 24 mars, 20h : Projection du film Libertarias et discussion autour du film.

Samedi 25 mars, 20h : Projection du documentaire De toda la vida et discussion sur Mujeres Libres et le féminisme.

Faire clic-droit et enregistrer sur l’image ci-dessous pour télécharger le programme complet :Les films peuvent être téléchargé dans notre médiathèque : Libertarias & De toda la vida

Il y a 80 ans, une révolution féministe et prolétarienne.

Le 18 juillet 1936, un coup d’état fasciste mené par les généraux mettait en déroute la jeune république espagnole. Le 19 juillet une insurrection ouvrière parvient à écraser l’armée putschiste à Barcelone et marque le début d’une révolution sociale anti-autoritaire d’une profondeur et d’une ampleur inédite dans l’histoire. Le prolétariat et la paysannerie catalanes et aragonaises,  principalement organisées sur des positions anarcho-syndicalistes au sein de la Confédération Nationale du Travail (CNT) et désormais armées mettent alors en oeuvre leur idéal d’émancipation : le communisme libertaire.

Dans ce tumulte révolutionnaire, les femmes, jusque là reléguées aux tâches subalternes par l’Église et le Patriarcat, vont s’affirmer et prendre part à cette nouvelle organisation sociale qui met à bas les vielles hiérarchies. Confrontée au sexisme hélas encore bien ancré de leurs compagnons de lutte, l’organisation révolutionnaire Mujeres Libres (Femmes Libres), créée quelques mois auparavant et rapidement forte de 20 000 membres, constituera la première organisation féministe et prolétarienne autonome de l’histoire. A partir d’une analyse originale de leur oppression spécifique, elles luttent au sein même de la révolution pour leur propre émancipation en s’attaquant à travers une stratégie cohérente au « triple esclavage » qu’elles ont identifié : esclavage de l’ignorance, esclavage en tant que femme et esclavage en tant que productrice.

Ces deux soirées visent à faire connaitre à travers leurs yeux et leur histoire cette révolution intégrale. Au delà de l’intérêt historique, elles seront surtout l’occasion de mettre en évidence la nécessaire imbrication réciproque des luttes sociales contre l’exploitation et pour l’émancipation des femmes. Plus qu’un exercice commémoratif, il s’agit d’en tirer des leçons pour le présent.


Pour aller plus loin, de nombreuses brochures, revues et livres autour des thématiques abordées seront disponibles lors des soirées.


Pas de révolution sociale sans émancipation des femmes, pas d’émancipation des femmes sans révolution sociale !

Vendredi 24 mars – 20h00 – Libertarias (vostfr/120min./1996)

Ce film espagnol de fiction historique inédit en France et réalisé par Vicente Aranda suit l’itinéraire de combattantes révolutionnaires — interprétées entre-autres par Ana Belén, Victoria Abril et Ariadna Gil —  sur le front de l’Ebre.

Peu de temps après l’échec du coup d’État franquiste du 18 juillet 1936, les milices prolétariennes, qui ont écrasé les factieux, tiennent le front face à l’armée régulière. C’est le début de la révolution sociale et de la guerre civile…

Dans une petite ville près de Barcelone, Maria, une nonne, est forcée de quitter son couvent réquisitionné par les milices révolutionnaires. Elle se réfugie d’abord dans un bordel puis est recueillie par Pilar, une militante anarchiste et féministe appartenant à l’organisation Mujeres Libres.

>Avec leur groupe de combattantes libertaires, en majorité composé d’ouvrières du textile et d’anciennes prostituées, elles défient la bureaucratie syndicale naissante et rejoignent la Colonne Durruti pour lutter contre les fascistes et libérer la ville de Saragosse…

Si le film illustre magistralement l’effervescence révolutionnaire d’un peuple  qui se libère, celui-ci s’attache à dépeindre au plus près ces femmes et leur solidarité, leurs relations avec leur compagnons hommes et les chefferies émergentes, leur enthousiasmes, colères et espoirs ainsi que leur courage et leur détermination à faire advenir un monde nouveau débarrassée de l’oppression et de l’exploitation. Un grand film à voir sur une histoire méconnue.

Samedi 25 mars – 20h00 – De toda la vida (vf/55min./1986)

Ce documentaire de Lisa Berger et Carol Mazer donne la paroles aux femmes de l’organisation Mujeres Libres, 50 ans après leur révolution.

À travers ces entretiens elles racontent leurs luttes quotidiennes en tant qu’anarchistes et en tant que femmes dans la révolution. Les protagonistes parlent de leurs actions en faveur de leur émancipation (lutte contre l’illettrisme et la prostitution, pour la formation professionnelle et la maîtrise de leur fécondité et plus largement pour l’égalité), de leur relation avec les autres organisations anarchistes ainsi que de leur vie avant, pendant et après la guerre civile dans l’exil qui leur fut imposé par la victoire du franquisme en 1939.

Ces témoignages rares sont de première importance pour comprendre ce que fut leur combat pour l’émancipation, celui « de toute une vie ».

La projection de ce documentaire sera complétée par la lecture de quelques extraits de textes écrits à l’époque par les Mujeres Libres afin de mettre en exergue la pertinence et la modernité de leurs analyses et d’introduire une discussion faisant le lien entre passé et présent.


Le collectif féministe Les Ronces (https://lesronces.wordpress.com) sera présent pour participer à l’animation des discussions et présenter ses activités.