« Le sexe de la mondialisation » avec Jules Falquet

Une émission réalisée par Le complot des cagoles à partir d’une conférence de Jules Falquet sur les liens entre mondialisation capitaliste, mouvements migratoires et patriarcat.

Jules Falquet

Jules Falquet n’est pas qu’universitaire, elle est aussi une lesbienne qui voyage beaucoup pour écouter et épauler les femmes de plusieurs continents. C’est de là qu’elle parle quand elle raconte et analyse l’économie mondialisée, les migrations, les conflits armés, les mouvements révolutionnaires, l’ONU ou les groupes féministes autonomes et institutionnels.
Sa pensée décolonisante bouscule ; par exemple quand elle interroge la manière dont l’émancipation (partielle) des femmes du nord se fait grâce l’exploitation des services domestiques fournis par les femmes des pays du sud sans qu’on s’en rende compte – par exemple pour la fabrication de plats cuisinés surgelés ou de bébés prêts à l’emploi- au lieu de passer par un réel partage des tâches hommes/femmes. Ou encore comment la relation de l’occident à ses « orients » est liée à « l’altérisation » de leurs contrats de genre : les hommes de couleurs traitent nécessairement « mal » les femmes de couleur selon les hommes blancs.
Délaissant l’idée que les hommes appauvris se « défouleraient » sur leurs femmes, elle dit que plus le rôle économique et politique des femmes devient important, plus les médias dominants tendent à imposer une image extrêmement réductrice des femmes, les présentent comme des êtres purement frivoles et sexuels.
La recrudescence de la violence contre les femmes n’est pas un dommage collatéral de la mondialisation capitaliste mais un de ses piliers.
Dans cette discussion qui a eu lieu a Marseille, comme dans les ouvrages qu’elle construit seule ou en collectifs, les gros concepts d’anti-capitalisme et anti-patriarcat ont des visages, des mains, des voix et des histoires.

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Debout! Une histoire du mouvement de libération des femmes 1970-1980 (vf / 90min / 1999)

Un documentaire sur l’émergence du Mouvement de Libération des Femmes. Il s’agit d’une bonne première approche de cette histoire.

Occupation féministe du Café Papillon à Genève en 1976

Documentaire de Carole Roussopoulos présentant un volet de l’histoire du mouvement féministe en France et en Suisse des années 70 à 80 à travers les témoignages d’une vingtaine de femmes suisses et françaises ayant participé à la naissance de ce mouvement. Elles en retracent l’histoire, les luttes, les acquis et les soubresauts.

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Deux émissions de radio sur le sujet :
Histoire des femmes et de leurs luttes au cours des années 1968
Naissance et histoire du MLF et du MLAC avec Christine Delphy

Pour un féminisme anti-carcéral

Une émission réalisée par Sortir du capitalisme sur le féminisme anti-carcéral et le mouvement pour l’abolition du système pénal.

À contre-courant de l’instrumentalisation sécuritaire et raciste des violences patriarcales et du féminisme carcéral, une critique du système pénal et des prisons dans une perspective féministe intersectionnelle à partir de Pour elles toutes. Femmes contre la prison (Lux, 2019) – avec l’autrice, Gwenola Ricordeau.

« Comprendre comment s’est tissée notre dépendance au système pénal est un travail long et minutieux. Il faut détricoter de ce côté-là pour pouvoir, de l’autre, tisser ensemble féminisme et abolitionnisme pénal. Parce que féministe tant qu’il le faudra et abolitionniste tant qu’il y aura des prisons. »

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Une définition de l’abolitionnisme pénal et carcéral comme visant à une abolition de ces systèmes (et non du travail du sexe) ; Une critique de l’argumentaire du féminisme carcéral en réponse aux violences sexuelles ; Une mise en exergue de l’existence d’une charge matérielle, mentale et émotionnelle des femmes suite à l’emprisonnement ou à la mise sous bracelet électronique de leurs proches ; Une discussion autour des « réformes » au système carcéral, qu’il s’agisse du bracelet électronique ou des luttes des prisonnier-e-s et de leurs proches ; Une analyse du traitement différencié des femmes (notamment pauvres, racisées, trans, lesbiennes et/ou homicides) au sein du système pénal et carcéral ; Une mise en exergue des angles morts du féminisme carcéral et de l’abolitionnisme pénal et carcéral androcentré ; Une critique de « l’innocentisme » comme stratégie abolitionniste ; Un rappel du caractère non-moralisateur de l’abolitionnisme pénal ; Une présentation de la « justice transformative » comme alternative féministe intersectionnelle au système punitif des tribunaux et des prisons et à la « justice réparatrice ».

Catherine Baker – Pourquoi faudrait-il punir ? Sur l’abolition du système pénal

Livre classique de Catherine Baker sur la critique et l’abolition du système pénal et carcéral.

« Bien des philanthropes, depuis la création de la prison, luttent pour une amélioration du sort des détenus. C’est d’ailleurs la moindre des choses. On peut indéfiniment réformer et reformer ainsi la prison.
On peut aussi vouloir son abolition, sa suppression pure et simple. Comme on a supprimé les tortures de l’arsenal pénal.
Elle est un supplice, au même titre que la goutte d’eau sur le crâne et tous les supplices qui visent l’énervement.
Elle repose sur l’idée qu’elle doit être dégradante et humiliante : au sens le plus littéral du terme, elle se veut une peine infamante.
Les modernes, malgré les concessions au populisme d’aujourd’hui sur le « tout sécuritaire », s’accordent à la trouver archaïque. Mais on peut s’attendre à ce qu’elle soit remplacée par quelque chose de pire.
C’est pourquoi la question essentielle n’est pas celle du comment, mais du pourquoi.
Pourquoi punir ? Pourquoi faudrait-il punir ? »

Cliquer sur la couverture pour accéder au pdf du livre :

Livre disponible aux éditions Tahin Party


Un autre livre de Catherine Baker disponible sur le site :
Insoumission à l’école obligatoire

La division sexuelle du travail, vulgarisation du texte de Paola Tabet

Une émission réalisée par Dégenré-e à partir du texte de Paola Tabet : Les mains, les outils et les armes. Paola Tabet est professeure d’anthropologie à l’Université de Calabre en Italie.

C’est un texte de 1979 sur la division sexuelle du travail : pourquoi les hommes et les femmes ne font pas les mêmes travaux ? D’où cela vient-il ? Qu’est ce que ça veut dire ?
L’idée de cette émission est de présenter et de rendre accessible un texte théorique de la manière la plus simple possible…on va parler d’un livre qu’on aime beaucoup : « Les mains, les outils, les armes » de Paola Tabet.
Elle analyse quelles tâches sont effectuées un peu partout dans le monde par les hommes, et quelles tâches sont effectuées par les femmes. Quel est le facteur qui fait que l’une ou l’autre activité va aller à l’un ou l’autre sexe ? Par exemple, est-ce naturel que les femmes ne fassent presque jamais la chasse, ou alors est-ce parce que les armes leur sont interdites ?

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Le texte « Les mains, les outils, les armes » de Paola Tabet est disponible ici.

« (…) c’est dans les formes de contrôle masculin des instruments de production (contrôle qui a pour corollaire le sous-équipement des femmes) qu’il faut chercher les facteurs objectifs, les constantes de la division sexuelle du travail. Ce contrôle apparaît donc comme un des éléments du rapport de classe entre hommes et femmes. »