Rudolf Rocker – Les Soviets trahis par les bolcheviks

Il s’agit là de la première critique d’ensemble du régime bolchevik d’un point de vue anarchiste, parue en Allemagne en 1921 sous le titre La faillite du communisme d’État russe.

Rudolf Rocker, militant anarcho-syndicaliste, avait au cours d’une longue période d’exil à Londres participé aux combats des ouvriers de la confection contre l’exploitation ; rentré en Allemagne en 1918, il avait œuvré au regroupement des militants anarcho-syndicalistes.
Dans ce livre, il montre comment, devenus maîtres des Soviets qui étaient nés de l’action spontanée des masses, les bolcheviks, après s’être emparés des pouvoirs étatiques, en ont usé pour tenter d’intégrer à l’appareil d’État toutes les autres tendances révolutionnaires, ainsi que pour diffamer, calomnier, éliminer et massacrer quiconque refusait de se soumettre. S’appuyant sur des témoignages de première main, il dénonce les méthodes des bolcheviks qui ont, par exemple, cyniquement trahi le pacte conclu avec les troupes de Makhno, aggravé la famine qui sévissait déjà en détruisant les communes et les coopératives paysannes pour bâtir un État tout-puissant, prétendument socialiste, instrument d’une nouvelle forme de l’esclavage salarié.

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Sommaire : Rudolf Rocker, par Jean Barrué – Chapitre I : la faillite du communisme d’État russe – Chapitre II : Un faux argument historique – Chapitre III : L’activité « contre-révolutionnaire » des anarchistes russes – Chapitre IV : Nestor Makno et les bolcheviks – Chapitre V : L’insurrection de Cronstadt – Chapitre VI : Origine et signification de l’idée de conseils – Chapitre VII : L’idée de dictature, héritage de la bourgeoisie – Chapitre VIII : De la nature de l’État – Chapitre IX : De l’essence de la révolution populaire : liberté et socialisme – Chapitre X : La IIIe Internationale, organe de la politique d’État bolchevique – Chapitre XI : L’influence du bolchevisme sur le mouvement ouvrier international – Chapitre XII : La malédiction du centralisme.

Le livre est édité par les éditions Spartacus.

« Une vraie libération n’est possible que lorsque l’appareil du pouvoir disparaît, car le monopole du pouvoir n’est pas moins dangereux que celui de la propriété. C’est seulement ainsi qu’il sera possible d’éveiller toutes les énergies qui sommeillent dans le peuple pour les faire servir la révolution. C’est ainsi, aussi, que disparaîtra la possibilité pour un parti — et pour la simple raison qu’il est parvenu à s’emparer du pouvoir — d’opprimer toutes les tendances véritablement révolutionnaires, parce qu’il le faut prétendument « dans l’intérêt de la révolution », bien que l’on sache que, dans ce cas, l’« intérêt de la révolution », ne signifie jamais que celui du parti ou d’une poignée de politiciens avides de pouvoir et sans scrupules. »

François Hombourger – Makhno (L’Ukraine libertaire 1978-1921)

Une bande dessinée de fiction historique sur la révolution ukrainienne menée par l’armée révolutionnaire insurrectionnelle, plus communément dénommée Maknovtchina, entre 1918 et 1921.

Le parcours aventureux du jeune spartakiste allemand, Jürgen personnage imaginaire, nous conduit du Berlin insurgé à l’issue de la Première Guerre Mondiale, à la Russie révolutionnaire et l’immense espoir qu’elle soulève alors dans le monde.
Tout d’abord enrôlé dans l’Armée Rouge, il affronte la plus terrible des guerres civiles. Expédié en Ukraine par le pouvoir central de Moscou afin d’imposer le nouvel ordre bolchevick, il y constate le rejet et l’hostilité des populations. Croisant le destin exceptionnel de l’anarchiste Makhno, il rejoint finalement le peuple en armes et rencontre l’amour en la personne de l’énergique et séduisante Natalia.
Pour construire une société libertaire, démocratique et pluraliste, les paysans ukrainiens doivent lutter pendant 3 ans contre les allemands, les tsaristes, les nationalistes et les communistes qui veulent y instaurer leur dictature…
Dans cette fresque historique, des destins individuels écrivent l’épopée de cette révolution méconnue : l’Ukraine libertaire.

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Pour aller plus loin :
Nestor Makhno – La lutte contre l’État (et autres écrits)
Nestor Makhno – paysan d’Ukraine

Nestor Makhno – La lutte contre l’État (et autres écrits)

Livre compilant divers écrits du révolutionnaire anarchiste Nestor Makhno durant son exil en France suite à l’écrasement de la révolution en Ukraine entre les mains des bolcheviks.

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« Le fait que l’État moderne soit le type d’organisation d’un pouvoir fondé sur l’arbitraire et la violence dans la vie sociale des travailleurs est indépendant de son caractère « bourgeois » ou « prolétariens ». Il repose sur le centralisme oppressif, découlant de la violence directe d’une minorité sur la majorité. »


Voir également le documentaire Nestor Makhno – paysan d’Ukraine disponible sur le site
Et une compilation de tracts makhnovistes : La lutte pour les soviets libres en Ukraine

Nestor Makhno – paysan d’Ukraine (vostfr / 60min / 1996)

Documentaire d’Hélène Chatelain sur Nestor Makhno, paysan anarchiste qui fonda l’Armée révolutionnaire insurrectionnelle d’ukraine en 1917 et finira sa vie en France comme ouvrier dans l’usine Renault de Boulogne-Billancourt sans jamais renoncer à son idéal révolutionnaire.

Anarchiste et communiste, une conjonction de deux termes impensable en Union soviétique. Pourtant, c’est bien ce que Nestor Makhno revendiqua en Ukraine au début du siècle. Sur un rythme haletant, Hélène Chatelain reconstitue sa vie à partir de ses écrits, de films de propagande soviétique, de réactions d’ouvriers aujourd’hui et de la mémoire qu’il a laissée dans le cœur des siens à Gouliaïpolié. Entre la Révolution de 1917 et 1921, Makhno est l’initiateur en Ukraine des premières communes. Il partage certaines aspirations communistes, néanmoins son pouvoir local et son refus de la violence et des nouvelles directives ne peuvent que faire ombrage aux soviets émergeants. Lénine tente une médiation avec Makhno pour le ramener dans le giron bolchévique, mais celui-ci résiste. La légende construite par la propagande soviétique en fait un anarchiste-bandit-antisémite contre-révolutionnaire ; pour ceux de Gouliaïpolié, il défend au contraire la liberté et les pauvres, et les journaux makhnovistes montre qu’il a aussi défendu les Juifs … « Prolétaires du monde entier, allez au fond de votre âme et là seulement vous trouverez la vérité. »


Voir également le livre Nestor Makhno – La lutte contre l’État (et autres écrits)

Voline – La révolution inconnue

Livre majeur sur l’histoire de la révolution russe écrit par Voline, qui en fut l’un de acteurs, et publié en 1947.

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« Cette Révolution inconnue est la Révolution russe ; non pas celle qui a été maintes fois traitée par des hommes politiques ou des écrivains patentés, mais celle qui fut ou négligée, ou adroitement voilée, ou même falsifiée : celle qu’on ignore. L’auteur a vécu la Révolution de 1917. Il y a activement participé. Et il désire en exposer et examiner, avec une parfaite objectivité, les faits authentiques. Tel est son seul souci. Sil ne l’avait pas, il n’aurait jamais songé à écrire ce livre.

La Révolution inconnue lève le voile sur une révolution qui va faire tomber le trône des tsars, renverser le gouvernement provisoire et la bourgeoisie montante, faire trembler le nouveau pouvoir prétendument révolutionnaire qui finira par la dompter et, en cela, la détruire ; mais une révolution pourtant remplie de secrets, de controverses, de zones obscures riches en enseignements… l’histoire de la répression infligée aux mouvements anarchistes et aux révolutionnaires « dissidents » par le pouvoir bolchévique fraîchement installé, après la révolution d’octobre ; l’histoire des marins de Kronstadt et de l’armée insurrectionnelle d’Ukraine, deux mouvements populaires qui ont eu le tort de vouloir s’organiser indépendamment du pouvoir bolchéviste en place.

Malgré leur défaite face à l’armée rouge, ces deux expériences anti-autoritaires sont restées dans les mémoires comme étant le juste aboutissement de la Révolution russe, Révolution qui a malheureusement échoué dans les mains d’un pouvoir trop gourmand et trop éloigné des besoins du peuple. »