Catherine Baker – Pourquoi faudrait-il punir ? Sur l’abolition du système pénal

Livre classique de Catherine Baker sur la critique et l’abolition du système pénal et carcéral.

« Bien des philanthropes, depuis la création de la prison, luttent pour une amélioration du sort des détenus. C’est d’ailleurs la moindre des choses. On peut indéfiniment réformer et reformer ainsi la prison.
On peut aussi vouloir son abolition, sa suppression pure et simple. Comme on a supprimé les tortures de l’arsenal pénal.
Elle est un supplice, au même titre que la goutte d’eau sur le crâne et tous les supplices qui visent l’énervement.
Elle repose sur l’idée qu’elle doit être dégradante et humiliante : au sens le plus littéral du terme, elle se veut une peine infamante.
Les modernes, malgré les concessions au populisme d’aujourd’hui sur le « tout sécuritaire », s’accordent à la trouver archaïque. Mais on peut s’attendre à ce qu’elle soit remplacée par quelque chose de pire.
C’est pourquoi la question essentielle n’est pas celle du comment, mais du pourquoi.
Pourquoi punir ? Pourquoi faudrait-il punir ? »

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Livre disponible aux éditions Tahin Party


Un autre livre de Catherine Baker disponible sur le site :
Insoumission à l’école obligatoire

Au-delà du personnel – pour une transformation politique du personnel

Cet ouvrage collectif coordonné par Corinne Monnet et Léo Vidal, initialement publié en 1998, rassemble divers textes questionnant l’amour, l’hétérosexualité et la monogamie (exclusivité affective/sexuelle). Tour à tour témoignages personnels ou élaborations théoriques, les textes de ce recueil nous rappellent que le pouvoir et la domination se jouent aussi dans nos rapports les plus intimes et sont le fruit de notre construction sociale. Un livre toujours aussi important.

Quatrième de couverture de la réédition de 2019 :

« Il faut du temps. Du temps pour réfléchir, discuter et tenir compte des rapports inégalitaires de genre. Du temps ensuite pour essayer, se tromper, réfléchir, discuter et reprendre. J’ai maintenant trente-sept ans, je réfléchis, je discute, j’essaye, je me trompe, je reprends… Les relations multipartenariales transparentes s’apprennent progressivement – comme la guitare, la bicyclette ou l’espagnol. Mais c’est une discipline encore confidentielle avec peu de pratiquants et peu de pratiquantes.
Quant aux manuels et autres ouvrages théoriques… Parmi ceux qui existent en France, Au-delà du personnel explore le genre, le féminisme et l’amour libre dans une perspective libertaire. Vingt ans après le début de cette nouvelle vague de libération affective et sexuelle des années 2000, à une époque qui balbutie encore sa liberté sexuelle entre tantrisme et adultère serein, ce livre reste indéniablement d’actualité. »

Éva Thiébaud

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Réédition disponible aux éditions ACL

Micheline de Sève – Pour un féminisme libertaire

Publié en 1985 au Canada, ce livre présente une contribution intéressante à la pensée féministe, au delà des divergences d’analyses que nous pouvons avoir avec celui-ci.

Quatrième de couverture :

On sait désormais que l’émancipation des femmes ne peut s’accomplir sans un partage égalitaire des tâches, le respect des droits individuels et l’éclatement des stéréotypes sexuels. Un nombre considérable de publications en ont fait plus d’une fois la démonstration. Pourtant, il arrive que les plaidoyers s’égarent dans de nouveaux conformismes qui ne sont guère plus libérateurs que les anciens.
C’est pourquoi Micheline de Sève propose dans ce livre une approche nouvelle fondée sur une conception radicale de la liberté, qui débouche sur des modèles sociaux alternatifs où la différence et l’égalité cessent de s’opposer et où les rapports hiérarchiques cèdent la place à une multiplicité de formes d’échanges libres et créateurs. Invitation sans réserve à la liberté, ce livre montre sans équivoque que la cause des femmes est aussi celles des hommes.

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Extrait :

« Le pouvoir en particulier a été conçu comme la capacité de maîtrise exercée sur les êtres comme sur le milieu environnant. Dominer la nature, dominer d’autres personnes est devenu synonyme d’exercer son pouvoir, d’acquérir un plus grand rayon d’action, une plus grande autonomie personnelle. L’expérience des femmes, préposées à l’entretien d’êtres partiellement autonomes: enfants, vieillards, malades ou adultes épuisés par leur labeur à «l’extérieur», diffère pourtant radicalement. Dans leur cas, dominer leurs dépendants, c’est restreindre plutôt qu’augmenter leur propre autonomie de mouvement. Entre adultes, un rapport de domination peut signifier l’extension du cercle d’action du dominant au détriment de la liberté du dominé mis au service du maître. Entre un adulte et un enfant, dans le cadre des rapports de maternage, il en va différemment. Entraver l’autonomie personnelle de ses dépendants, c’est se donner à soi-même plus de travail. L’exercice du pouvoir entendu comme restriction de la liberté des autres s’accompagne ici de perte d’autonomie du dominant lui-même. Les femmes peuvent dominer leur entourage mais ce type d’emprise, loin de multiplier leur capacité d’action, l’entrave. Possessives, les mères se retrouvent prisonnières de la dépendance et des besoins affectifs ou matériels des êtres dont elles n’entretiennent l’infantilisme qu’au prix de la restriction de leur propre liberté personnelle.

Éprises de liberté, les femmes ne sauraient rechercher un pouvoir qui se traduise automatiquement en termes d’heures de présence supplémentaires et de responsabilités accrues, en l’absence d’autonomie suffisante des personnes confiées à leurs soins. Leur liberté est conditionnelle plutôt que contraire à celle de leurs dépendants: les former à l’autonomie est le moyen pour elles d’accomplir leur tâche sans pour autant abandonner toute chance d’expression personnelle. Puisque les femmes sont affectées spécifiquement aux soins des personnes non autonomes, leur volonté d’émancipation ne saurait se satisfaire de la conception patriarcale du pouvoir. Féminisme et volonté de puissance sont inconciliables puisque l’objectif d’émancipation des femmes passe par leur capacité de libérer d’elles-mêmes les personnes provisoirement dépendantes de leurs soins. Éduquer leur enfant, guérir leur malade ou restaurer leur hôte, autant de tâches où la possessivité joue au détriment de leur propre autonomie.

C’est là, dans ce fondement matériel du rapport des femmes au pouvoir comme instrument de la libération plutôt que de l’asservissement de l’autre, qu’il convient d’identifier la racine de leur préférence quasi instinctive pour les modèles de direction non hiérarchiques. Elles tirent la leçon de leur expérience personnelle dans le champ des activités dites privées tout comme les hommes généralisent la leur dans le monde des affaires dites publiques. »

May Picqueray – May la réfractaire

Autobiographie de May Picqueray, militante anarchiste qui traversa le XXe siècle et ses combats.

Quatrième de couverture :

Disons le tout net, ce livre est tout à la fois passionnant et bouleversant.
Passionnant, parce que May Picqueray (1898-1983) n’aura loupé aucun des grands rendez-vous de l’histoire de 1920 à sa mort.
Dès 1921, en effet, elle envoie un colis piégé (il explosera sans faire de victime) à l’ambassadeur des États-Unis à Paris, pour protester contre la condamnation à la chaise électrique, et malgré leur innocence, de Sacco et Vanzetti. En novembre 1922 elle est mandatée par la Fédération des Métaux de la C.G.T.U. au congrès de l’Internationale syndicale rouge à Moscou où elle ne passe pas inaperçue. Car qui monte sur la table pour dénoncer un congrès en train de se goberger pendant que les ouvriers russes crèvent de faim? Qui ose chanter « Le triomphe de l’anarchie » en fin de repas? Et, qui refuse de serrer la main au généralissime Trotsky à qui elle est pourtant venu demander la libération de camarades anarchistes? Ensuite, en 1924, elle est encore là pour faire le coup de poing au meeting de la Grange-aux-Belles lors duquel les bolchos tuèrent deux ouvriers anarchistes par balles. Pendant la guerre, elle fit, bien évidemment des faux papiers et pris cent mille risques pour… Et puis. Mai 68, le Larzac en 1975, Creys Malville en 1977… Jusqu’au bout!
Bouleversant, parce que rien ne prédisposait une petite bretonne ayant commencé à travailler à 11 ans à rencontrer et cotoyer des Sébastien Faure, Nestor Makhno, Emma Goldman, Alexandre Berckman, Marius Jacob, Durruti…, et autres personnalités du mouvement anarchiste français et international du XXe siècle.
Et tout cela, en se payant le luxe d’une intransigeance de tous les instants, d’un courage à toute épreuve et d’une gentillesse jamais démentie.
Au bout du compte, mais on l’aura aisément compris, ce livre d’une « réfractaire » à toutes les injustices comme à toutes les oppressions est de ceux, rares, qui incitent à ne pas désespérer de l’espèce humaine. Mais, jugez en !

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Vous pouvez également regarder sur le site Écoutez May Picqueray, documentaire réalisé peu de temps avant son décès à partir d’entretiens avec elle.

L’Expoitée – Organe des femmes travaillant dans les usines, les ateliers et les ménages (1907-1908)

C’est ici l’intégralité des numéros du journal L’Exploitée, initié par Margarethe Faas-Hardegger et publié en Suisse entre 1907 et 1908, qui est reproduit dans ce livre paru en 1977.

Journal alliant féminisme et lutte des classes dans une perspective révolutionnaire et anti-autoritaire, ses articles constituent de saisissant exemples de la persistance de certaines questions : avortement et contraception, grèves, violences sexistes et conjugales, syndicalisme, harcèlement, question sexuelle, coopératives… le journal lie toutes ces questions d’une façon jusque là inédite dans son contexte local en entretenant un dialogue permanent avec ses lectrices qui font état de leurs préoccupations et leurs luttes.

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(quelques erreurs de numérotation s’étant glissée dans l’édition originale, nous avons réorganisé l’ordre des pages pour que les articles se suivent correctement)

« Si un jour les filles et les femmes travaillant si durement aux ménages, les unes pour un salaire ridicule, les autres, les femmes pauvres, mariées, uniquement pour leur logement et leur nourriture — eh bien, si un jour ces femmes-là se coalisent, elles constitueront la force la plus terrible contre la bourgeoisie, contre la vieille société. »

L’Exploitée, novembre 1907

Margarethe Faas-Hardegger

« Et c’est ainsi que nous toutes nous encouragerons mutuellement à la révolte personnelle contre tout entourage oppressant, mais encore nous nous entr’aiderons dans l’action collective nécessaire contre le régime capitaliste et les institutions qui lui correspondent dans la famille et l’État. »

Margarethe Faas-Hardegger