Et pourtant ils existent – Histoire du syndicalisme d’action directe (vf / 64min / 2007)

Combien de personnes savent que la CGT, quand elle s’est constituée, était différente des syndicats dits représentatifs actuels.
Entre 1895 et 1914, le syndicalisme révolutionnaire mise sur l’efficacité de la grève générale pour renverser d’un seul coup la démocratie bourgeoise et le régime capitaliste.
En 1906, la Charte d’Amiens est largement influencée par les partisans de l’action directe. Cette influence vient de la 1re Internationale, de la Commune, de la Fédération des bourses du Travail lancée par Fernand Pelloutier et traversée par le courant anarcho-syndicaliste.
Cet héritage sera revendiqué par la CGT-SR de 1926 à 1939 et la CNT depuis 1946.

Yves Bonnardel – « Le concept de nature : une construction idéologique ? » (vf / 92min / 2016)

Conférence d’Yves Bonnardel autour du concept de « Nature ».

Dans nos sociétés, ce qui est réputé « naturel » est perçu comme bon, normal et souhaitable et cette idée se substitue aux questionnements moraux. Pourtant, l’idée qu’il existerait une « nature des choses », relève de la croyance. Qu’impliquerait un retour à la réflexion éthique et à l’analyse politique dans les domaines dits du personnel, de la politique, de la bioéthique, des mœurs, et même de « l’environnement » ?

Pour aller plus loin, on peux également lire les deux textes suivants d’Yves Bonnardel :

De l’appropriation… à l’idée de Nature

En finir avec l’idée de Nature, renouer avec l’éthique et la politique

Yves Bonnardel – La domination adulte (vf / 72min / 2016)

Conférence d’Yves Bonnardel autour de son livre « La domination adulte ». Il y retrace une histoire des luttes des mineurs ainsi qu’une analyse critique des fondements idéologiques et matériels de cette domination structurelle.

La domination adulte est une des manifestations de l’âgisme, qui regroupe les discriminations fondées sur l’âge qui structurent nos sociétés. Les enfants sont réputés particulièrement vulnérables et écopent sous ce prétexte d’un statut, dit « de mineur », qui leur retire l’exercice des droits dont jouissent les majeurs, les adultes. Ce statut entérine en fait diverses formes de sujétions… et partant, de violences. La famille et l’école sont parmi les lieux privilégiés d’exercice de l’ordre adulte. Yves Bonnardel questionne ici l’idée d’enfance elle-même, celles de minorité (versus majorité), de protection de l’enfance et même d’éducation, pour mettre à nu les processus de domination à l’œuvre dans les rapports adultes/enfants. Non, nos sociétés ne sont pas bien-intentionnées envers les enfants !

Ainsi, pour construire un monde qui n’opprime plus les enfants, il propose l’abolition des lois âgistes et, plus généralement, d’en finir avec le statut de mineur et avec la domination adulte.

On peux également lire la préface du livre écrite par Christine Delphy sur son blog.

Ni Dieu ni Maitre – Une histoire de l’anarchisme (vf / 140min / 2015)

Malgré des interprétations parfois très orientés auxquelles nous ne souscrivons pas ainsi que quelques petites erreurs factuelles, un excellent documentaire pour s’initier à l’histoire du mouvement anarchiste entre les années 1840 et 1940.

Télécharger le documentaire.

Aimé Césaire – Discours sur le colonialisme

Grand classique de la pensée anticoloniale et du projet d’émancipation humaine.

« Le fait est que la civilisation dite « européenne », la civilisation « occidentale », telle que l’ont façonnée deux siècles de régime bourgeois, est incapable de résoudre les problèmes majeurs auxquels son existence a donné naissance : le problème du prolétariat et le problème colonial ; que, déférée à la barre de la « raison » comme à la barre de la « conscience », cette Europe-là est impuissante à se justifier ; et que, de plus en plus, elle se réfugie dans une hypocrisie d’autant plus odieuse qu’elle a de moins en moins chance de tromper.

L’Europe est indéfendable. »

discoursurlecolonialismePour télécharger la brochure imprimable, cliquer sur la couverture.

« Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a eu au Viêt-nam une tête coupée et un oeil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et « interrogés », de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette lactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent.

Et alors un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.

On s’étonne, on s’indigne. On dit : « Comme c’est curieux ! Mais, Bah! C’est le nazisme, ça passera ! » Et on attend, et on espère; et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c’est du nazisme, oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’oeil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens ; que ce nazisme là, on l’a cultivé, on en est responsable, et qu’il est sourd, qu’il perce, qu’il goutte, avant de l’engloutir dans ses eaux rougies de toutes les fissures de la civilisation occidentale et chrétienne.

Oui, il vaudrait la peine d’étudier, clinlquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXème siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est que l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique. »