La division sexuelle du travail, vulgarisation du texte de Paola Tabet

Une émission réalisée par Dégenré-e à partir du texte de Paola Tabet : Les mains, les outils et les armes. Paola Tabet est professeure d’anthropologie à l’Université de Calabre en Italie.

C’est un texte de 1979 sur la division sexuelle du travail : pourquoi les hommes et les femmes ne font pas les mêmes travaux ? D’où cela vient-il ? Qu’est ce que ça veut dire ?
L’idée de cette émission est de présenter et de rendre accessible un texte théorique de la manière la plus simple possible…on va parler d’un livre qu’on aime beaucoup : « Les mains, les outils, les armes » de Paola Tabet.
Elle analyse quelles tâches sont effectuées un peu partout dans le monde par les hommes, et quelles tâches sont effectuées par les femmes. Quel est le facteur qui fait que l’une ou l’autre activité va aller à l’un ou l’autre sexe ? Par exemple, est-ce naturel que les femmes ne fassent presque jamais la chasse, ou alors est-ce parce que les armes leur sont interdites ?

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Le texte « Les mains, les outils, les armes » de Paola Tabet est disponible ici.

« (…) c’est dans les formes de contrôle masculin des instruments de production (contrôle qui a pour corollaire le sous-équipement des femmes) qu’il faut chercher les facteurs objectifs, les constantes de la division sexuelle du travail. Ce contrôle apparaît donc comme un des éléments du rapport de classe entre hommes et femmes. »

Au-delà du personnel – pour une transformation politique du personnel

Cet ouvrage collectif coordonné par Corinne Monnet et Léo Vidal, initialement publié en 1998, rassemble divers textes questionnant l’amour, l’hétérosexualité et la monogamie (exclusivité affective/sexuelle). Tour à tour témoignages personnels ou élaborations théoriques, les textes de ce recueil nous rappellent que le pouvoir et la domination se jouent aussi dans nos rapports les plus intimes et sont le fruit de notre construction sociale. Un livre toujours aussi important.

Quatrième de couverture de la réédition de 2019 :

« Il faut du temps. Du temps pour réfléchir, discuter et tenir compte des rapports inégalitaires de genre. Du temps ensuite pour essayer, se tromper, réfléchir, discuter et reprendre. J’ai maintenant trente-sept ans, je réfléchis, je discute, j’essaye, je me trompe, je reprends… Les relations multipartenariales transparentes s’apprennent progressivement – comme la guitare, la bicyclette ou l’espagnol. Mais c’est une discipline encore confidentielle avec peu de pratiquants et peu de pratiquantes.
Quant aux manuels et autres ouvrages théoriques… Parmi ceux qui existent en France, Au-delà du personnel explore le genre, le féminisme et l’amour libre dans une perspective libertaire. Vingt ans après le début de cette nouvelle vague de libération affective et sexuelle des années 2000, à une époque qui balbutie encore sa liberté sexuelle entre tantrisme et adultère serein, ce livre reste indéniablement d’actualité. »

Éva Thiébaud

Cliquer sur la couverture pour accéder au pdf du livre :

Réédition disponible aux éditions ACL

Micheline de Sève – Pour un féminisme libertaire

Publié en 1985 au Canada, ce livre présente une contribution intéressante à la pensée féministe, au delà des divergences d’analyses que nous pouvons avoir avec celui-ci.

Quatrième de couverture :

On sait désormais que l’émancipation des femmes ne peut s’accomplir sans un partage égalitaire des tâches, le respect des droits individuels et l’éclatement des stéréotypes sexuels. Un nombre considérable de publications en ont fait plus d’une fois la démonstration. Pourtant, il arrive que les plaidoyers s’égarent dans de nouveaux conformismes qui ne sont guère plus libérateurs que les anciens.
C’est pourquoi Micheline de Sève propose dans ce livre une approche nouvelle fondée sur une conception radicale de la liberté, qui débouche sur des modèles sociaux alternatifs où la différence et l’égalité cessent de s’opposer et où les rapports hiérarchiques cèdent la place à une multiplicité de formes d’échanges libres et créateurs. Invitation sans réserve à la liberté, ce livre montre sans équivoque que la cause des femmes est aussi celles des hommes.

Cliquer sur la couverture pour accéder au pdf du livre :

Extrait :

« Le pouvoir en particulier a été conçu comme la capacité de maîtrise exercée sur les êtres comme sur le milieu environnant. Dominer la nature, dominer d’autres personnes est devenu synonyme d’exercer son pouvoir, d’acquérir un plus grand rayon d’action, une plus grande autonomie personnelle. L’expérience des femmes, préposées à l’entretien d’êtres partiellement autonomes: enfants, vieillards, malades ou adultes épuisés par leur labeur à «l’extérieur», diffère pourtant radicalement. Dans leur cas, dominer leurs dépendants, c’est restreindre plutôt qu’augmenter leur propre autonomie de mouvement. Entre adultes, un rapport de domination peut signifier l’extension du cercle d’action du dominant au détriment de la liberté du dominé mis au service du maître. Entre un adulte et un enfant, dans le cadre des rapports de maternage, il en va différemment. Entraver l’autonomie personnelle de ses dépendants, c’est se donner à soi-même plus de travail. L’exercice du pouvoir entendu comme restriction de la liberté des autres s’accompagne ici de perte d’autonomie du dominant lui-même. Les femmes peuvent dominer leur entourage mais ce type d’emprise, loin de multiplier leur capacité d’action, l’entrave. Possessives, les mères se retrouvent prisonnières de la dépendance et des besoins affectifs ou matériels des êtres dont elles n’entretiennent l’infantilisme qu’au prix de la restriction de leur propre liberté personnelle.

Éprises de liberté, les femmes ne sauraient rechercher un pouvoir qui se traduise automatiquement en termes d’heures de présence supplémentaires et de responsabilités accrues, en l’absence d’autonomie suffisante des personnes confiées à leurs soins. Leur liberté est conditionnelle plutôt que contraire à celle de leurs dépendants: les former à l’autonomie est le moyen pour elles d’accomplir leur tâche sans pour autant abandonner toute chance d’expression personnelle. Puisque les femmes sont affectées spécifiquement aux soins des personnes non autonomes, leur volonté d’émancipation ne saurait se satisfaire de la conception patriarcale du pouvoir. Féminisme et volonté de puissance sont inconciliables puisque l’objectif d’émancipation des femmes passe par leur capacité de libérer d’elles-mêmes les personnes provisoirement dépendantes de leurs soins. Éduquer leur enfant, guérir leur malade ou restaurer leur hôte, autant de tâches où la possessivité joue au détriment de leur propre autonomie.

C’est là, dans ce fondement matériel du rapport des femmes au pouvoir comme instrument de la libération plutôt que de l’asservissement de l’autre, qu’il convient d’identifier la racine de leur préférence quasi instinctive pour les modèles de direction non hiérarchiques. Elles tirent la leçon de leur expérience personnelle dans le champ des activités dites privées tout comme les hommes généralisent la leur dans le monde des affaires dites publiques. »

Pour un anarchisme (pro)féministe

Une émission d’analyse critique des pratiques et des théories sexistes au sein des milieux anarchistes, et ce dans l’optique d’un anarchisme (pro)féministe – avec Francis Dupuis-Déri. Réalisée par Sortir du capitalisme.

Francis Dupuis-Déri

Avec une critique de l’anarcho-sexisme contemporain comme contradiction (apparente) avec l’idéal anti-autoritaire, comme produit d’une socialisation sexiste des hommes anarchistes, d’un idéal viriliste de l’anarchiste comme guerrier machiste, d’une négation idéologique de son positionnement de dominant au sein des rapports de genre, d’un anti-féministe lutte-de-classiste, d’une volonté masculine d’imposer une absence de critiques internes au nom de « l’unité » anarchiste (qu’ils sapent en réalité avec leur comportement sexiste) et d’une camaraderie virile même en cas d’agression sur une autre camarade ; avec un appel à une déconstruction individuelle et collective des hommes en tant que dominants au sein des rapports de genre, et à cesser d’utiliser des arguments anti-féministes identiques à ceux de l’extrême-droite et des staliniens ; et une évocation des tendances pro-féministes dans l’anarchisme francophone contemporain.
Avec une analyse critique de l’anarcho-sexisme de Proudhon, promoteur d’un socialisme misogyne et polémiste anti-féministe, et son héritage au sein du mouvement ouvrier (exclusion des femmes des syndicats d’artisans, lutte pour une interdiction du travail industriel des femmes, anarchisme patriarcal) ; une brève histoire des débuts de l’anarcha-féminisme, celui d’Emma Goldman, de Victorine de Cleyre et de He-Yin Zhen ; et une discussion autour du pro-féminisme des hommes, ses limites (pro-féminisme toxique) et ses possibilités (déconstruction – désempowerement).

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La Société Du Spectacle (vf / 87min / 1973)

Film réalisé par Guy Debord à partir de son principal livre théorique portant le même nom et paru en 1967.

Adaptation cinématographique du livre de 1967 réalisée à partir d’images détournées, La Société du Spectacle est une analyse impitoyable du capitalisme à son stade « spectaculaire ». Critique d’avant-garde tentant de réaliser une synthèse des apports théoriques des mouvements révolutionnaires du passé en vue de leur dépassement, cette analyse marqua la période des années 68 et inspira de nombreux groupes révolutionnaires autonomes.

« Le spectacle est le mauvais rêve de la société moderne enchaînée, qui n’exprime finalement que son désir de dormir. Le spectacle est le gardien du sommeil. »