Jack London – Le Talon de Fer

Paru en 1908 aux USA, Le Talon de Fer (The Iron Heel en version originale) est un roman d’anticipation dystopique écrit par Jack London.

Le Talon de fer décrit une révolution socialiste qui serait arrivée entre 1914 et 1918, et analysée par un observateur du XXIVe siècle. L’auteur relate le développement de la classe ouvrière nord-américaine et ses combats contre l’oligarchie capitaliste, à travers le point de vue d’Avis Everhard, jeune fille de famille riche devenue amoureuse d’Ernest, un socialiste qui prend la tête des révoltés. Cette révolution est suivie d’une répression impitoyable, rationnelle et standardisée, permise par les moyens scientifiques avancés des États-Unis de l’époque, et par l’alliance prévisible entre capitalistes et aristocrates du syndicalisme. Il présente la révolution armée comme le remède à la misère sociale atroce provoquée par le capitalisme.

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« Les portes intérieures de ce cul-de-sac étaient fermées et verrouillées. Nous n’avions pas d’issue, car, à ce moment, la tête de colonne nous dépassait. Ce n’était pas une colonne mais une cohue, un torrent déchaîné qui emplissait la rue ; c’était le « peuple d’en bas » affolé par la boisson et la souffrance, rugissant et se ruant enfin pour boire le sang de ses maîtres. »

François Hombourger – Makhno (L’Ukraine libertaire 1978-1921)

Une bande dessinée de fiction historique sur la révolution ukrainienne menée par l’armée révolutionnaire insurrectionnelle, plus communément dénommée Maknovtchina, entre 1918 et 1921.

Le parcours aventureux du jeune spartakiste allemand, Jürgen personnage imaginaire, nous conduit du Berlin insurgé à l’issue de la Première Guerre Mondiale, à la Russie révolutionnaire et l’immense espoir qu’elle soulève alors dans le monde.
Tout d’abord enrôlé dans l’Armée Rouge, il affronte la plus terrible des guerres civiles. Expédié en Ukraine par le pouvoir central de Moscou afin d’imposer le nouvel ordre bolchevick, il y constate le rejet et l’hostilité des populations. Croisant le destin exceptionnel de l’anarchiste Makhno, il rejoint finalement le peuple en armes et rencontre l’amour en la personne de l’énergique et séduisante Natalia.
Pour construire une société libertaire, démocratique et pluraliste, les paysans ukrainiens doivent lutter pendant 3 ans contre les allemands, les tsaristes, les nationalistes et les communistes qui veulent y instaurer leur dictature…
Dans cette fresque historique, des destins individuels écrivent l’épopée de cette révolution méconnue : l’Ukraine libertaire.

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Pour aller plus loin :
Nestor Makhno – La lutte contre l’État (et autres écrits)
Nestor Makhno – paysan d’Ukraine

Jan Waclav Makhaïski – Le socialisme des intellectuels

Cette sélection de textes réalisée par Alexandre Skidra et publiée pour la première fois en français en 1978, est une contribution importante à la critique des théoriciens et des organisateurs du mouvement socialiste du XIXe siècle et du début du XXe. Toute ressemblance avec certains de nos contemporains n’est pas fortuite…

Penseur polonais écrivant en russe, Jan Waclav Makhaïski, fréquenta longuement, à la fin du XIXe siècle, les milieux révolutionnaires russes et internationaux, en particulier au cours de ses années d’exil en Sibérie. A la suite d’une réflexion approfondie sur les classiques du marxisme, il abouti à une conclusion extrême.

Pour lui l’idéologie socialiste dissimule, en fait, les intérêt d’une nouvelle classe ascendante : les travailleurs intellectuels. Ces « capitalistes du savoir » utilisent leurs compétences dans la direction et la gestion du système dominant pour séduire les prolétaires, afin d’évincer les anciens possédants, « capitalistes de l’avoir », non pour détruire le capitalisme, mais pour aménager au mieux leurs intérêts. Dans cette nouvelle perspective de la lutte des classes, le clivage historique et idéologique ne se situe plus entre bourgeoisie et prolétariat, mais entre dirigeants et exécutants. Une analyse partagée par plusieurs théoriciens contemporains de Makhaïski, ou qui lui succédèrent.

Ce livre-clé permet de mieux comprendre l’évolution des socialistes et des gauchistes soixante-huitards, hier détracteurs du capitalisme au nom du prolétariat et de l’avenir d’une société radieuse, aujourd’hui ses partenaires conciliants au nom du bien public, tout cela pour sauvegarder leur place-charnière dans le système.

L’expérience historique, avec l’échec du projet d’émancipation du mouvement ouvrier au XXe siècle, illustre de manière saisissante la thèse de Makhaïski. Celle-ci prend forme sous nos yeux à travers divers textes publiés de 1898 à 1918.

Cliquer sur la couverture pour télécharger le pdf du livre :Le livre est également édité par les éditions Spartacus.

« Il est vrai que les intellectuels, tout comme les manœuvres, doivent vendre «leur force de travail» pour vivre, se «louer» à un patron ou à toute la société, à l’État. Cependant l’ouvrier vend ses mains nues, sa force physique, dont la nature l’a doté ; tout comme n’importe quel animal, il vend sa sueur et son sang. L’intellectuel, lui, apporte sur le marché ses connaissances qu’il a acquises grâce au travail, des ouvriers, comme le capitaliste son usine ; car, pendant qu’il étudiait à l’université, qu’il voyageait pour la «pratique» à l’étranger, les ouvriers, eux, se démenaient à l’usine, produisant les moyens de son enseignement, de sa formation «en faveur de l’humanité» […] Il vend aux capitalistes son savoir-faire pour extraire le mieux possible la sueur et le sang des ouvriers. Il vend le diplôme qu’il a acquis de leur exploitation […]. »

« Ceux qui ne se révoltent, tels les socialistes, que parce que le régime séculaire de pillage s’est aggravé, ceux-là ne font qu’exiger sa rénovation, son développement, et ne font rien de décisif pour sa suppression. C’est pourquoi les socialistes qui avaient promis tout au long du XIXe siècle la chute du régime bourgeois, n’ont fait en réalité que hâter son évolution, l’obligeant à aller de l’avant et à se rénover.
Ceux donc qui ne se révoltent que contre les maîtres dégénérés et inactifs, incapables de diriger davantage, ne font qu’en exiger de nouveaux plus capables, que faciliter leur avènement et, par conséquent, n’affaiblissent pas mais renforcent la domination séculaire de l’homme sur l’homme.
Tout comme les capitalistes se sont réconciliés avec les aristocrates, l’intelligentsia, tout le monde cultivé, se réconcilierait rapidement avec les anciens maîtres, pour un ordre socialiste, et la servitude des ouvriers ne ferait que se renforcer. »

Charles Reeve – Le tigre de papier, sur le développement du capitalisme en Chine (1949-1971)

Livre paru en 1972 aux éditions Spartacus faisant la critique du régime chinois, alors même qu’en France et dans le monde les maoïstes entonnaient en cœur les louages du « petit livre rouge ». Un ouvrage important pour rappeler à leur actuels héritiers que la Chine n’a jamais été – pas plus que l’URSS – un pays communiste mais un simple capitalisme d’État.

Il n’était pas couramment admis, quand ce livre fut publié, que la République populaire de Chine était un pays capitaliste, ce qui est difficilement concevable aujourd’hui. Mais pour Charles Reeve, les changements de stratégie économique du gouvernement chinois, les luttes à son sommet, les luttes politiques massives que constituèrent les Cent fleurs, puis le Grand bond en avant et la Grande révolution culturelle prolétarienne ne pouvaient être compris sans être replacés dans les difficultés rencontrées par les dirigeants du Parti, et donc de l’État, dans le processus d’accumulation du capital.

Tout à tour, paysans et ouvriers sont confrontés à ces difficultés, entraînés dans les tentatives d’accélération du rythme de l’accumulation – et donc de l’exploitation – et soumis à la répression que leur résistance provoque.

Sans cette analyse d’un passé pas si ancien dont les Chinois d’aujourd’hui ne parlent pas, il est très difficile non seulement de déchiffrer la signification et les conséquences réelles des grandes initiatives maoïstes, mais aussi de comprendre l’évolution de l’économie et de la société chinoises au cours de ces quarante dernières années.

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« La critique révolutionnaire se doit de constater que, quelles que soient les variations idéologiques, et quelle que soit la forme — privée ou étatique — de propriété du Capital, le sala­riat et la production marchande — le Capitalisme, règnent sur TOUTE la planète.
En Chine, depuis que le P. « C. » s’est emparé de l’État, l’histoire de la société n’a jamais cessé d’être l’histoire du processus d’accumulation de la plus-value expropriée aux producteurs et de leur lutte contre ce processus. Les événements politiques: Grand Bond en Avant, rupture avec le Capitalisme d’État russe, Révolution Culturelle, ne peuvent être compris en dehors de la lutte de classes qui oppose le prolétariat, chinois et les gérants du Capitalisme d’État. »

Jack London – Le peuple de l’abîme

Un reportage réalisé par Jack London dans les quartiers pauvres de Londre, capitale de l’empire britannique d’alors, au tout début du XXe siècle. Un constat accablant que n’éclaire que la révolte de l’auteur.

Le Peuple de l’abîme (The People of the Abyss en version originale) est un livre de Jack London sur la vie dans l’East End de Londres de 1902. Il a écrit ce témoignage de première main après y avoir vécu (y compris le quartier de Whitechapel) pendant plusieurs mois, logeant parfois dans les hospices pour pauvres ou dormant dans la rue. Les conditions de vie qu’il a connues et décrites sont celles qui étaient endurées par les quelque 500 000 Londoniens pauvres de l’époque.

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« Dans une civilisation aussi matérialiste, fondée non pas sur l’individu, mais sur la propriété, il est inévitable que cette dernière soit mieux défendue que la personne humaine, et que les crimes contre la propriété soient stigmatisés de façon plus exemplaire que ceux commis contre l’homme. »

« Comme quelqu’un l’a dit un jour, ils font tout pour les pauvres, sauf les laisser tranquilles. Même l’argent qu’ils donnent pour les enfants des pauvres, ils l’ont arraché aux pauvres. Ils viennent de cette race de bipèdes sans problème et sans scrupules, qui prennent une part sur le salaire de l’ouvrier, et s’autorisent de conseiller les travailleurs sur la meilleure façon d’utiliser ce qui leur reste et qu’ils ne leur ont pas pris. »

La présente édition numérique est hélas dépourvue des photographies prises par London et qui accompagne le texte dans la version originale.


On pourra également lire Dans la dèche à Paris et à Londre que Georges Orwell  écrivit trente ans plus tard pour mesurer la persistance de la misère du prolétariat de l’époque.