Michael Seidman – Ouvriers contre le travail

Une étude originale sur la résistance au travail dans le monde ouvrier. dans les années 1930 à Barcelone et à Paris.

Michael Seidman montre la continuité de la résistance au travail, en grande partie ignorée ou sous-estimée par les théoriciens et historiens du xxe siècle. Au moment des Fronts populaires, les ouvriers ont persévéré dans leurs pratiques antérieures qui donnaient déjà le caractère extérieur, utilitaire du sens de leur travail : des refus directs et indirects, par l’absentéisme, le coulage de cadence, le vol, la grève, etc.

Au moment où s’est posée la question du contrôle ouvrier – révolutionnaire ou réformiste – du procès de production, les luttes quotidiennes sur le lieu de travail, à Paris et Barcelone, étaient des faits de résistance : « La résistance était aussi un phénomène conjoncturel et cyclique, mais les refus sont restés une part intrinsèque de la culture ouvrière et sont apparus à différentes périodes avec diverses divisions du travail. Pendant les Fronts populaires, les ouvriers se révoltaient contre un ensemble de disciplines, y compris celles imposées par les organisations ouvrières. Les salariés souhaitaient certainement contrôler leurs lieux de travail, mais généralement afin d’y travailler moins. On peut supposer que la façon d’éliminer la résistance n’est pas le contrôle ouvrier sur les moyens de production mais plutôt l’abolition du travail salarié lui-même. »

Il nous est alors possible de voir, dans ces affrontements entre ouvriers et organisations ouvrières, des collectivités barcelonaises aux usines aéronautiques parisiennes, la contradiction interne des mouvements de Front populaire, qu’ils aient été révolutionnaires ou réformistes. L’impossibilité d’un triomphe de la classe du travail, en tant que telle, se manifeste sous sa forme la plus empirique. C’est la faillite d’un programme ouvrier dans ses propres termes, alors sommé de se réaliser dans un moment critique.

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Ouvrier contre le travailLe site de l’éditeur en français

Christiane Rochefort – Les enfants d’abord

Un texte brillant de Christiane Rochefort, écrivaine et militante féministe, qui livre dans ce pamphlet de 1976 une charge critique sans précédent contre la domination des adultes sur les mineurs. Un texte classique à lire absolument.

quatrième de couverture :

Il paraît naturel de leur interdire toute vie privée et de leur imposer une façon de sentir.
De décider qui ils doivent aimer et qui il ne faut pas voir. De circonscrire leurs déplacements et de pénaliser leurs déviances. De déterminer le moment où ils ont un sexe, et ce qu’ils doivent en faire. Est-ce aussi naturel qu’on dit, ou est-ce l’effet d’un rapport social imposé par l’adulte parce qu’il a la force et le pouvoir?
S’il en est ainsi, pourquoi et à quelles fins? Que fait-on aujourd’hui des enfants et à quoi les prépare-t-on ? Qu’est-ce au juste qu’un enfant dans nos sociétés dites libérales? C’est à ces questions que répond Christiane Rochefort, dans cet essai fiévreux, passionné, aux frontières de l’analyse et du pamphlet, qui se lira comme le prolongement d’Encore heureux qu’on va vers l’été
Après le roman, l’analyse: les enfants d’abord parce que c’est eux les premières victimes de l’ordre capitaliste; parce qu’il faut des adultes dociles et qu’il faut les former au plus tôt; parce qu’il faut au Pouvoir un relais, qu’il trouve très naturellement dans la famille.

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Une présentation du livre par Christianne Rochefort :

Antoine Gimenez – Les Fils de la Nuit

Un témoignage magnifique sur la révolution et la guerre d’Espagne de 1936 par l’un de ses protagonistes.

Italien d’origine, Antoine Gimenez, de son vrai nom Bruno Salvadori (1910-1982), a participé à la guerre d’Espagne dans les rangs de la colonne Durruti. Réfugié à Marseille après la guerre, il rédigea ses Souvenirs de la guerre d’Espagne entre 1974 et 1976 puis les confia peu avant sa mort à ses amis anarchistes. En 2007 Les Giménologues publièrent avec les éditions L’Insomniaque son texte augmenté de nombreuses notes et notices biographiques sous le titre Les Fils de la Nuit.

Le récit à la première personne que fait Antoine Gimenez de la guerre d’Espagne permet de voir cette période historique et ses enjeux à travers le regard d’un de ses protagonistes anonymes. Les très – peut-être trop ? – nombreuses notes confectionnées par les Giménologues permettent de contextualiser le récit en faisant appel à de nombreux autres témoignages de révolutionnaires ainsi qu’aux travaux des historiens sur ces événements qui furent le prélude à ce qui sera nommé seconde guerre mondiale.

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Le livre à été réédité en 2016 par les éditions Libertalia.

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Vous pouvez également télécharger dans notre médiathèque les deux travaux suivants réalisés par les Giménologues :

Mikhaïl Bakounine – Oeuvres

Vous trouverez ci dessous une édition numérique de l’œuvre de Mikhaïl Bakounine (1814-1876) compilée par James Guillaume en six tomes et telle qu’elle fut éditée en 1885 de façon posthume. S’il y a des façon plus simples pour découvrir et s’initier à la pensée de ce révolutionnaire et théoricien de l’anarchisme (en particulier l’excellent assemblage de textes intitulé « Théorie générale de la Révolution » publié par Les Nuits Rouges), cette édition à le mérite de mettre à disposition la plupart des textes écrits par Bakounine. Son œuvre, bien qu’assez brouillonne dans sa forme (beaucoup de textes sont restés à l’état de manuscrits inachevés et une bonne partie est constituée de correspondances), n’a rien perdue de sa puissance critique aujourd’hui.

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