Guerre de Classe

Lecture et montage sonore réalisée par radio Vosstanie à partir de la brochure du même nom éditée par prole.info.  Une excellente introduction à la question révolutionnaire.

On peut lire ou télécharger la brochure originale sur infokiosques.net.

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Nous sommes la classe des travailleurs qui voulons abolir le travail et les classes. Nous sommes la communauté de ceux qui veulent foutre en l’air les communautés existantes. Notre programme politique c’est de détruire la politique. Pour cela, nous devons appuyer les tendances subversives qui existent aujourd’hui, jusqu’à ce qu’elles bouleversent la société de fond en comble. Il y a un temps, c’est ce qu’on appelait la « révolution ».

Alors c’est qui les casseurs ? (vf / 36min / 2016)

Un court documentaire autour de la lutte contre la « Loi travail » au printemps 2016 en France.

Ces derniers mois, un remarquable vent de contestation s’est levé contre la loi travail.
Face à lui, le gouvernement, ses ministres, son président et sa police, ont fait le choix d’une répression politique et policière, d’un niveau rare et multiplié les coups de force afin d’étouffer le mouvement.
La précarisation, la violence sociale et la manipulation médiatique sont tout autant de symptômes qui traduisent le malaise d’une société où le peuple est stratégiquement muselé.

Ce film porte la voix de ceux qui se révoltent, quels qu’ils soient, et surtout de ceux que l’on n’entend jamais, méprisés par le pouvoir, les médias et le discours dominant.

Le travail ça ne sert à rien (vf / 6min / 2015)

Petite vidéo critique du travail et de la valeur. Une bonne introduction sur le sujet si l’on fait abstraction de la voix synthétique…

un extrait

Faire du pain, bâtir une maison, enseigner, faire pousser des tomates, conduire un bus, soigner des animaux de compagnie, vendre des places de cinéma, écrire un poème, installer des composants électroniques… A première vue, ces activités semblent répondre à une fonction bien précise: combler les besoins d’une société tout en veillant à assurer un revenu à la personne qui s’y emploi.

Et pourtant, nous pouvons affirmer que ces activités ne servent à rien.

Plus précisément, nous pouvons dire qu’à l’heure du règne de la société marchande, ces activités deviennent autre chose que leur fonction première. Cette autre chose fait plus que s’ajouter comme une seconde nature, elle devient la nature même de l’activité. C’est à ce moment que l’activité se transforme en travail et acquiert un statut général dans le procès capitaliste de production de valeur.

Le capitalisme est précisément cette non-société qui emploie les individus à des tâches dont l’objet véritable est autre chose que ce qui apparaît de prime abord.
En clair, le travail ne sert qu’à la production de valeur, catégorie abstraite, un fétiche fabriqué par les hommes mais qui mène sa propre existence autonome sans que quiconque ait prise sur sa logique et son développement.

Michael Seidman – Ouvriers contre le travail

Michael Seidman montre la continuité de la résistance au travail, en grande partie ignorée ou sous-estimée par les théoriciens et historiens du xxe siècle. Au moment des Fronts populaires, les ouvriers ont persévéré dans leurs pratiques antérieures qui donnaient déjà le caractère extérieur, utilitaire du sens de leur travail : des refus directs et indirects, par l’absentéisme, le coulage de cadence, le vol, la grève, etc.

Au moment où s’est posée la question du contrôle ouvrier – révolutionnaire ou réformiste – du procès de production, les luttes quotidiennes sur le lieu de travail, à Paris et Barcelone, étaient des faits de résistance : « La résistance était aussi un phénomène conjoncturel et cyclique, mais les refus sont restés une part intrinsèque de la culture ouvrière et sont apparus à différentes périodes avec diverses divisions du travail. Pendant les Fronts populaires, les ouvriers se révoltaient contre un ensemble de disciplines, y compris celles imposées par les organisations ouvrières. Les salariés souhaitaient certainement contrôler leurs lieux de travail, mais généralement afin d’y travailler moins. On peut supposer que la façon d’éliminer la résistance n’est pas le contrôle ouvrier sur les moyens de production mais plutôt l’abolition du travail salarié lui-même. »

Il nous est alors possible de voir, dans ces affrontements entre ouvriers et organisations ouvrières, des collectivités barcelonaises aux usines aéronautiques parisiennes, la contradiction interne des mouvements de Front populaire, qu’ils aient été révolutionnaires ou réformistes. L’impossibilité d’un triomphe de la classe du travail, en tant que telle, se manifeste sous sa forme la plus empirique. C’est la faillite d’un programme ouvrier dans ses propres termes, alors sommé de se réaliser dans un moment critique.

Ouvrier contre le travailLe site de l’éditeur en français