La Société Du Spectacle (vf / 87min / 1973)

Film réalisé par Guy Debord à partir de son principal livre théorique portant le même nom et paru en 1967.

Adaptation cinématographique du livre de 1967 réalisée à partir d’images détournées, La Société du Spectacle est une analyse impitoyable du capitalisme à son stade « spectaculaire ». Critique d’avant-garde tentant de réaliser une synthèse des apports théoriques des mouvements révolutionnaires du passé en vue de leur dépassement, cette analyse marqua la période des années 68 et inspira de nombreux groupes révolutionnaires autonomes.

« Le spectacle est le mauvais rêve de la société moderne enchaînée, qui n’exprime finalement que son désir de dormir. Le spectacle est le gardien du sommeil. »

Raoul Vaneigem, une critique émancipatrice du capitalisme

Une émission de Sortir du capitalisme à l’occasion du cinquantenaire de Mai-Juin 1968, une présentation et une discussion critique du Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations (Gallimard, 1967) et de De la grève sauvage à l’autogestion généralisée (UGE 10/18, 1974) de Raoul Vaneigem, et surtout de sa critique du capitalisme et son dépassement révolutionnaire.

Écouter la première partie de l’émission :

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Avec une présentation de son contexte d’écriture (suite à une grève générale en Belgique en 1960-1961) et de parution (révoltes étudiantes en Allemagne et aux Etats-Unis), son auteur (Raoul Vaneigem), son style (littéraire), ses inspirations (Reich, Nietzsche, Marx), son rapport aux surréalistes et aux thèses de Baudrillard et de Lefebvre, son statut de best-seller et d’inspirateur de Mai-Juin 1968, sa critique du marxisme-léninisme, ses références aux révoltes historiques (Russie 1917, Ukraine 1918-1921, Barcelone 1936-1937, Hongrie 1956), son appel à une alliance des ouvriers et des étudiants radicaux, sa critique du travail et de la consommation, et enfin son imaginaire d’un dépassement émancipateur du travail comme activité capitaliste.

Écouter la seconde partie de l’émission :

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Avec une présentation de sa critique des rôles capitalistes, aliénants, séparés de travailleur, d’étudiant, d’adolescent, de père et de consommateur, son anticolonialisme et son anti-patriarcalisme (limité), son appel à un refus subjectif des contraintes capitalistes et à une réinvention épanouissante du quotidien, sa conception d’une révolution comme transformation immédiate des rapports sociaux quotidiens et comme œuvre d’art collective, son dépassement de l’opposition du formalisme assembléiste et du spontanéisme informel, son étrangeté totale au « libéralisme-libertaire » (un concept erroné du sociologue stalinien Michel Clouscard) et sa critique des récupérations publicitaires des désirs révolutionnaires, sa volonté d’un détournement créatif (et non d’une réappropriation) des moyens de production capitaliste, sa critique des limites imposées à un épanouissement subjectif (un « vitalisme » non-normatif, pluriel, existentialiste), et son horizon d’une fédération post-capitaliste (sans Marché, sans État, sans travail-marchandise) des communes et des subjectivités radicales.


Pour aller plus loin :
Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations
De la grève sauvage à l’autogestion généralisée

Raoul Vaneigem – Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations

Livre de Raoul Vaneigem paru en 1967 et qui exerçât une grande influence parmi les franges les plus radicales du soulèvement de mai 68 en France et durant les années qui suivirent dans les mouvements révolutionnaires autonomes à travers le monde.

« Le Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations marque l’émergence, au sein d’un monde en déclin, d’une ère radicalement nouvelle.
Au cours accéléré qui emporte depuis peu les êtres et les choses, sa limpidité n’a pas laissé de s’accroître. Je tiens pour contraire à la volonté d’autonomie individuelle le sentiment, nécessairement désespéré, d’être en proie à une conjuration universelle de circonstances hostiles. Le négatif est l’alibi d’une résignation à n’être jamais soi, à ne saisir jamais sa propre richesse de vie.
J’ai préféré fonder sur les désirs une lucidité qui, éclairant à chaque instant le combat du vivant contre la mort, révoque le plus sûrement la logique de dépérissement de la marchandise. Le fléchissement d’un profit tiré de l’exploitation et de la destruction de la nature a déterminé, à la fin du XIXe siècle, le développement d’un néocapitalisme écologique et de nouveaux modes de production. La rentabilité du vivant ne mise plus sur son épuisement mais sur sa reconstruction. La conscience de la vie à créer progresse parce que le sens des choses y contribue. Jamais les désirs, rendus à leur enfance, n’ont disposé en chacun d’une telle puissance de briser ce qui les inverse, les nie, les réifie en objets marchands. Il arrive aujourd’hui ce qu’aucune imagination n’avait osé soutenir : le processus d’alchimie individuelle n’aboutit à rien de moins qu’à la transmutation de l’histoire inhumaine en réalisation de l’humain. »

Raoul Vaneigem

Cliquer sur la couverture pour télécharger le pdf du livre :


Pour aller plus loin :
De la grève sauvage à l’autogestion généralisée
Raoul Vaneigem, une critique émancipatrice du capitalisme

Pour en finir avec le travail

Ce recueil de « Chansons du prolétariat révolutionnaire » réalisé en 1974 est essentiellement constitué de détournements de chansons réalisés par d’anciens membres du Comité pour le Maintien Des Occupations (CMDO) de mai 1968.

Pour en finir avec le travail (1974)

La vie s’écoule la vie s’enfuit

texte de Raoul Vaneigem

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Introduction à l’histoire et à l’oeuvre de l’Internationale Situationniste

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Introduction à l’histoire et à l’œuvre de l’Internationale Situationniste, le vendredi 7 novembre 2014 à 20h30 au café associatif « Les Thétards » (7, rue de la Bride, à proximité de la tour Mataguerre). Présentée par l’auteur de La critique situationniste ou la praxis du dépassement de l’art.

Imagjjhkldve1Créée en 1957 avec l’ambition de dépasser les échecs des mouvements artistiques d’avant-garde tels que le surréalisme ou le dadaïsme, l’Internationale Situationniste développera jusqu’en 1972, date de son auto-dissolution, l’une des critiques les plus radicales de la société contemporaine désignée comme spectaculaire-marchande. Prônant la révolution dans la vie quotidienne et l’autogestion généralisée, elle diffusera ses idées dans les franges les plus lucides et révoltées du prolétariat et de la jeunesse à travers sa pratique du détournement subversif (de bandes-dessinées, chansons, films, etc.) et du scandale. L’influence qu’exercera la théorie situationniste dans le soulèvement conjoint des étudiants, des ouvriers et autres marginaux en mai 1968, ainsi que dans les luttes de la décennie suivante, en sera l’expression pratique la plus poussée. Cette présentation des situationnistes permettra d’engager une discussion sur leurs apports théoriques et pratiques au projet révolutionnaire, ainsi que sur leurs limites, afin de questionner nos perspectives actuelles de luttes. Le tout dans l’ambiance conviviale et détendue qu’exigent les sujets sérieux.

Imagjjhkldve1Une sélection de textes et de documents sera disponible à prix libre lors de la soirée.