« Le sexe de la mondialisation » avec Jules Falquet

Une émission réalisée par Le complot des cagoles à partir d’une conférence de Jules Falquet sur les liens entre mondialisation capitaliste, mouvements migratoires et patriarcat.

Jules Falquet

Jules Falquet n’est pas qu’universitaire, elle est aussi une lesbienne qui voyage beaucoup pour écouter et épauler les femmes de plusieurs continents. C’est de là qu’elle parle quand elle raconte et analyse l’économie mondialisée, les migrations, les conflits armés, les mouvements révolutionnaires, l’ONU ou les groupes féministes autonomes et institutionnels.
Sa pensée décolonisante bouscule ; par exemple quand elle interroge la manière dont l’émancipation (partielle) des femmes du nord se fait grâce l’exploitation des services domestiques fournis par les femmes des pays du sud sans qu’on s’en rende compte – par exemple pour la fabrication de plats cuisinés surgelés ou de bébés prêts à l’emploi- au lieu de passer par un réel partage des tâches hommes/femmes. Ou encore comment la relation de l’occident à ses « orients » est liée à « l’altérisation » de leurs contrats de genre : les hommes de couleurs traitent nécessairement « mal » les femmes de couleur selon les hommes blancs.
Délaissant l’idée que les hommes appauvris se « défouleraient » sur leurs femmes, elle dit que plus le rôle économique et politique des femmes devient important, plus les médias dominants tendent à imposer une image extrêmement réductrice des femmes, les présentent comme des êtres purement frivoles et sexuels.
La recrudescence de la violence contre les femmes n’est pas un dommage collatéral de la mondialisation capitaliste mais un de ses piliers.
Dans cette discussion qui a eu lieu a Marseille, comme dans les ouvrages qu’elle construit seule ou en collectifs, les gros concepts d’anti-capitalisme et anti-patriarcat ont des visages, des mains, des voix et des histoires.

Écouter l’émission :

ou la télécharger ici (clic-droit > enregistrer sous)

Jules Falquet – Pax neoliberalia (vf / 46m / 2017)

Présentation de Jules Falquet de son livre Pax neoliberalia, publié en 2016 aux Editions iXe, à la librairie Violette and Co.

Solidement ancré dans les recherches féministes sur la mondialisation et sur la dynamique des rapports sociaux de sexe, de race et de classe, ce livre est un essai sur l’emploi méthodique de la coercition au service de la mondialisation néolibérale.

L’instrumentalisation d’une violence en apparence « aveugle », mais en fait très contrôlée, dessine le fil rouge reliant entre eux les quatre textes qui le composent. Proximité troublante de la torture avec la violence domestique (au Salvador)… Création de la classe masculine des “frères d’armes” par le service militaire (en Turquie)… Diffusion des techniques de guerre de basse intensité (au Mexique)… Perpétuation (néo)-coloniale des violences contre les femmes indiennes (au Guatemala)…

Jules Falquet croise différents niveaux d’analyse pour rapprocher des perspectives généralement cantonnées à des sphères séparées. En révélant les continuités qui rattachent la violence misogyne aux méthodes coercitives militaro-policières, cette approche met à jour les logiques genrées de la « gouvernance » mondialisée, ici nommée, par antiphrase, Pax neoliberalia.

Yves Bonnardel – « Le concept de nature : une construction idéologique ? » (vf / 92min / 2016)

Conférence d’Yves Bonnardel autour du concept de « Nature » et de ses usages politiques.

Dans nos sociétés, ce qui est réputé « naturel » est perçu comme bon, normal et souhaitable et cette idée se substitue aux questionnements moraux. Pourtant, l’idée qu’il existerait une « nature des choses », relève de la croyance. Qu’impliquerait un retour à la réflexion éthique et à l’analyse politique dans les domaines dits du personnel, de la politique, de la bioéthique, des mœurs, et même de « l’environnement » ?


Pour aller plus loin, on peut également lire les deux textes suivants d’Yves Bonnardel :
De l’appropriation… à l’idée de Nature
En finir avec l’idée de Nature, renouer avec l’éthique et la politique

Ainsi que ces deux livres de Colette Guillaumin disponibles en téléchargement :
Sexe, Race et Pratique du pouvoir – L’idée de Nature
L’idéologie raciste

Yves Bonnardel – La domination adulte (vf / 72min / 2016)

Conférence d’Yves Bonnardel autour de son livre « La domination adulte ». Il y retrace une histoire des luttes des mineurs ainsi qu’une analyse critique des fondements idéologiques et matériels de cette domination structurelle.

La domination adulte est une des manifestations de l’âgisme, qui regroupe les discriminations fondées sur l’âge qui structurent nos sociétés. Les enfants sont réputés particulièrement vulnérables et écopent sous ce prétexte d’un statut, dit « de mineur », qui leur retire l’exercice des droits dont jouissent les majeurs, les adultes. Ce statut entérine en fait diverses formes de sujétions… et partant, de violences. La famille et l’école sont parmi les lieux privilégiés d’exercice de l’ordre adulte. Yves Bonnardel questionne ici l’idée d’enfance elle-même, celles de minorité (versus majorité), de protection de l’enfance et même d’éducation, pour mettre à nu les processus de domination à l’œuvre dans les rapports adultes/enfants. Non, nos sociétés ne sont pas bien-intentionnées envers les enfants !

Ainsi, pour construire un monde qui n’opprime plus les enfants, il propose l’abolition des lois âgistes et, plus généralement, d’en finir avec le statut de mineur et avec la domination adulte.

On peux également lire la préface du livre écrite par Christine Delphy sur son blog.