Charles Reeve – Le tigre de papier, sur le développement du capitalisme en Chine (1949-1971)

Livre paru en 1972 aux éditions Spartacus faisant la critique du régime chinois, alors même qu’en France et dans le monde les maoïstes entonnaient en cœur les louages du « petit livre rouge ». Un ouvrage important pour rappeler à leur actuels héritiers que la Chine n’a jamais été – pas plus que l’URSS – un pays communiste mais un simple capitalisme d’État.

Il n’était pas couramment admis, quand ce livre fut publié, que la République populaire de Chine était un pays capitaliste, ce qui est difficilement concevable aujourd’hui. Mais pour Charles Reeve, les changements de stratégie économique du gouvernement chinois, les luttes à son sommet, les luttes politiques massives que constituèrent les Cent fleurs, puis le Grand bond en avant et la Grande révolution culturelle prolétarienne ne pouvaient être compris sans être replacés dans les difficultés rencontrées par les dirigeants du Parti, et donc de l’État, dans le processus d’accumulation du capital.

Tout à tour, paysans et ouvriers sont confrontés à ces difficultés, entraînés dans les tentatives d’accélération du rythme de l’accumulation – et donc de l’exploitation – et soumis à la répression que leur résistance provoque.

Sans cette analyse d’un passé pas si ancien dont les Chinois d’aujourd’hui ne parlent pas, il est très difficile non seulement de déchiffrer la signification et les conséquences réelles des grandes initiatives maoïstes, mais aussi de comprendre l’évolution de l’économie et de la société chinoises au cours de ces quarante dernières années.

Cliquer sur la couverture pour accéder au pdf du livre :

« La critique révolutionnaire se doit de constater que, quelles que soient les variations idéologiques, et quelle que soit la forme — privée ou étatique — de propriété du Capital, le sala­riat et la production marchande — le Capitalisme, règnent sur TOUTE la planète.
En Chine, depuis que le P. « C. » s’est emparé de l’État, l’histoire de la société n’a jamais cessé d’être l’histoire du processus d’accumulation de la plus-value expropriée aux producteurs et de leur lutte contre ce processus. Les événements politiques: Grand Bond en Avant, rupture avec le Capitalisme d’État russe, Révolution Culturelle, ne peuvent être compris en dehors de la lutte de classes qui oppose le prolétariat, chinois et les gérants du Capitalisme d’État. »

Détruire la domination : Le féminisme révolutionnaire à l’ère des réactions misogynes​ (vostfr / 32min / 2018)

Un documentaire réalisé par les camarades canadiens de SubMedia. Il s’agit du onzième numéro de leur série thématique Trouble.

De nos jours, une nouvelle vague misogyne met en péril des décennies de luttes pour l’émancipation des femmes. Des attaques contre les droits à l’avortement au renouveau des fondamentalismes religieux et des nationalismes autoritaires, le patriarcat est à nouveau en marche. Tandis que les médias de masse se pâment devant le mouvement #TimesUp, propulsé par des femmes riches du milieu hollywoodien, les féminicides, l’exploitation sexuelle et le viol continuent à déchirer des communautés déjà marginalisées.

Les systèmes de domination masculine sont des piliers du capitalisme et du pouvoir d’État. Dans les périodes de crise politique contre-révolutionnaire, les femmes, ainsi que toutEs ceuxes qui ne reconnaissent pas le genre qui leur a été assigné à la naissance, sont souvent les premierEs cibléEs par la répression et la violence. C’est en partie en raison de la place centrale que les femmes ont toujours occupée au cœur des communautés en résistance. Mais cette répression est aussi un geste symbolique envers les hommes de la classe moyenne frustrés par le déclin de leur statut socio-économique qui, au lieu de diriger leur rage contre leur véritable ennemi — les riches et les puissants — ont historiquement et de manière consistante choisi de s’accrocher à leur pouvoir relatif et à leur position dominante à l’égard de leurs camarades féminines.

Dans cet 11ème épisodes de Trouble, SubMedia jette un regard sur le patriarcat en tant que système de contrôle social, politique et économique, en partageant des récits des luttes de première ligne menées par des femmes partout sur la planète. Des communautés autochtones en lutte contre la colonisation de leurs territoires, aux migrantes qui se voient forcées de quitter leur foyer en raison des inégalités économiques, des changements climatiques et de la guerre.

Élisée Reclus – L’évolution, la révolution et l’idéal anarchique

Principal texte théorique du géographe et anarchiste Élisée Reclus publié en 1902 dans lequel il développe ses conceptions révolutionnaires en lien avec ses connaissances scientifiques.

Cliquer sur la couverture pour accéder au pdf du livre :

« C’est la seule œuvre pleinement développée de Reclus dont l’objet est strictement politique; elle contient quelques-unes de ses discussions les plus soutenues au sujet du développement historique, de la nature de l’anarchisme et de la domination. Une large partie du travail de Reclus est consacrée à la critique des diverses formes de domination : les dangers d’un pouvoir d’État centralisé, les méfaits de la bureaucratie étatique, les périls du nationalisme, la manière dont l’autoritarisme, le centralisme et la représentation minent les mouvements révolutionnaires et détruisent les révolutions. L’amour intense de l’humanité qu’éprouve Reclus a pour corrélat une foi profonde dans “un autre monde”, pas seulement “éventuel”, mais qui doit avec évidence être créé aussi rapidement que possible. »

John Clark

Sommaire :
Chapitre I – Évolution de l’Univers et révolutions partielles
Chapitre II – Révolutions progressives et révolutions régressives
Chapitre III – Révolutions instinctives
Chapitre IV – Constatation précise de l’état social contemporain
Chapitre V – L’idéal évolutionniste, le but révolutionnaire
Chapitre VI – Les espoirs illogiques
Chapitre VII – Les forces en lutte
Chapitre VIII – Puissance de la fascination religieuse
Chapitre IX – Situation présente et prochain avenir
Chapitre X – Dernières luttes

Classe – Genre : Plus qu’une intersection (vf / 28min / 2019)

Vidéo critique réalisée par Guillaume Deloison sur le patriarcat et le genre et leur nécessaire abolition en vue d’une société émancipée.

« Malgré qu’on ai fait de moi un homme, qu’on m’est appris à m’affirmer, à couper la parole, qu’on m’emploie plus volontiers, que je peux me déplacer dans la rue sans avoir peur et bien d’autres choses encore, malgré que je profite de ce statut, j’en veux la fin, je veux que cela cesse. Ce statut n’est que le reflet d’une hiérarchie sociale effroyable. Dans cette société, chaque plaisir a le goût du sang et l’amertume de la douleur. Je veux la fin de toute hiérarchie car toute cette souffrance est insoutenable, injuste et cruelle, je pleure de voir mes amies, ceux que j’aime, ou simplement des innocentes souffrir de cette hiérarchie sociale mutilante et meurtrière. Je suis anarchiste et je ne serais libre que lorsque toutes et tous nous le serons. »

Pour une théorie matérialiste du racisme

Une émission de théorisation matérialiste du racisme réalisée par Sortir du capitalisme, au-delà de l’antiracisme essentialiste, antisémite et social-démocrate du PIR et de l’antiracisme idéaliste, moral et parfois anti-musulmans des anti-racialisateurs, des républicains de gauche et des libéraux – avec Zaschia, auteur de plusieurs articles à ce sujet.

Écouter la première partie de l’émission :

ou la télécharger ici (clic-droit > enregistrer sous)

Avec une définition du racisme comme division inégalitaire, matérielle (division du travail capitaliste, statut légal, rapports de force géopolitiques, discriminations, violences policières) et idéologique (relativement autonome des rapports de domination racistes), de l’humanité en des « races » comme construction sociales réellement agissantes ; avec une explication matérialiste de l’origine des « races » non comme réalités biologiques mais comme aboutissement de processus situés de « racisation » politiques, économiques et idéologiques ; avec une comparaison des rapports de classe avec ceux de « race » (contestés dans leur réalité du fait d’un anti-racisme idéaliste, plus complexes du fait d’une multitude de racismes et de processus de racisation), ces derniers étant davantage essentialisants (et excluants, notamment en temps de crise), producteurs de discriminations spécifiques, et pouvant surclasser des hiérarchies de classe (un prolétaire non-racisé étant supérieur dans un contexte colonial à un bourgeois racisé) ; avec une histoire de « la race » comme catégorie émergente à partir du 15ème siècle dans un contexte de conquête catholique de l’Espagne, d’émergence de relations géopolitiques inégales et de colonisation occidentale du monde ; avec une critique des théories du racisme comme hostilité entre des groupes ethniques hétérogènes mis dans un même espace ; avec une présentation des catégories raciales comme mise en ordre inégalitaire (et excluante) des sociétés ; avec un rappel de l’articulation et de l’interpénétration dynamique (avec la frange surexploitée et/ou exclue du prolétariat très souvent racisée) des rapports de domination de race, de classe et de genre (plus ou moins déterminants en fonction des contextes), et du caractère historiquement changeant du racisme ; avec une mise en exergue des similitudes du discours du PIR et de l’anti-racisme républicain d’une part (focalisation sur un niveau politico-juridique comme responsable du racisme, compris comme ensemble de « politiques », et donc comme moyen de mettre fin au racisme, comme soi-disant au sujet de l’antisémitisme à partir de 1945) et des anti-racialisateurs et de l’anti-racisme républicain d’autre part (même discours avec deux concepts « universalistes » interchangeables, celui de prolétariat et celui d’humanité), et même des trois (vision du racisme comme produit d’un petit groupe de gens, qu’il s’agisse du patronat, de l’État colonial blanc et/ou de l’extrême-droite).

Écouter la seconde partie de l’émission :

ou la télécharger ici (clic-droit > enregistrer sous)

Après des extraits sonores de Colette Guillaumin, une présentation des écueils potentiels d’une théorie matérialiste du racisme : le réductionnisme idéaliste (ou sémiologique), qui absolutise « la race » comme un champ séparé du réel et comme principalement un fait de discours ; le réductionnisme économique, qui au contraire déduit « les races » des catégories du capital (« population surnuméraire » ou encore « classe surexploitée ») ; le fonctionnalisme, qui déduit les processus de racialisation par leur fonction/intérêt du point de vue du capital (surexploitation, division des ouvriers), oubliant complètement l’autonomie relative du racisme comme idéologie (partiellement) irrationnelle ; et enfin l’objectivisme intégral, faisant des groupes racisés des objets passifs du racisme, alors qu’il s’agit plutôt d’acteurs d’un rapport de pouvoir antagonique, éventuellement susceptibles de s’abolir en tant que « race » en abolissant le système raciste lui-même.


A lire également  :
Colette Guillaumin – L’idéologie raciste