Aimé Césaire – Discours sur le colonialisme

Grand classique de la pensée anticoloniale et du projet d’émancipation humaine.

« Le fait est que la civilisation dite « européenne », la civilisation « occidentale », telle que l’ont façonnée deux siècles de régime bourgeois, est incapable de résoudre les problèmes majeurs auxquels son existence a donné naissance : le problème du prolétariat et le problème colonial ; que, déférée à la barre de la « raison » comme à la barre de la « conscience », cette Europe-là est impuissante à se justifier ; et que, de plus en plus, elle se réfugie dans une hypocrisie d’autant plus odieuse qu’elle a de moins en moins chance de tromper.

L’Europe est indéfendable. »

discoursurlecolonialismePour télécharger la brochure imprimable, cliquer sur la couverture.

« Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a eu au Viêt-nam une tête coupée et un oeil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et « interrogés », de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette lactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent.

Et alors un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.

On s’étonne, on s’indigne. On dit : « Comme c’est curieux ! Mais, Bah! C’est le nazisme, ça passera ! » Et on attend, et on espère; et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c’est du nazisme, oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’oeil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens ; que ce nazisme là, on l’a cultivé, on en est responsable, et qu’il est sourd, qu’il perce, qu’il goutte, avant de l’engloutir dans ses eaux rougies de toutes les fissures de la civilisation occidentale et chrétienne.

Oui, il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXème siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est que l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique. »

Pepita Carpeña, une femme libre dans la révolution

Entretien radiophonique dans laquelle Pepita Carpeña fait son récit personnel de la révolution espagnole.

Pepita Carpeña (Josefa Carpeña Amat) est née à Barcelone en 1919 et décédée en 2005 à Marseille. Ouvrière anarchiste, elle prend part très jeune à la révolution espagnole dans les rangs de la Confedération nationale du travail (CNT), dans la Fédération ibérique des jeunesses libertaires (FIJL) et dans le mouvement Mujeres libres (Femmes libres). La victoire de Franco l’oblige à s’exiler. A Marseille, elle va participer aux activités de la CNT puis du Centre international de recherche sur l’anarchisme (CIRA). Elle en a été la coordinatrice de 1988 à 1999.

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pepita-carpena« Je ne suis pas historienne, ni ne prétends l’être, les faits historiques plus spécifiques, je les laisse : les livres déjà écrits l’expliquent mieux que je ne pourrais le faire.
Beaucoup de livres ont déjà été écrits, quelques-uns véridiques, d’autres erronés, sur les événements de la révolution espagnole. Mais ceux qui, comme moi, les ont vécus peuvent ajouter une page de plus à certains épisodes. Si chacun des témoins le faisait, on lirait probablement des pages de grande émotion, mais pour être objectif il ne faudrait parler que de ce qu’on a vécu. Mon intention est de raconter mes expériences personnelles » (Pepita Carpeña)

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Guerre de Classe

Lecture et montage sonore réalisée par radio Vosstanie à partir de la brochure du même nom éditée par prole.info.  Une excellente introduction à la question révolutionnaire.

On peut lire ou télécharger la brochure originale sur infokiosques.net.

Télécharger le document (25 min / 24mo)

Nous sommes la classe des travailleurs qui voulons abolir le travail et les classes. Nous sommes la communauté de ceux qui veulent foutre en l’air les communautés existantes. Notre programme politique c’est de détruire la politique. Pour cela, nous devons appuyer les tendances subversives qui existent aujourd’hui, jusqu’à ce qu’elles bouleversent la société de fond en comble. Il y a un temps, c’est ce qu’on appelait la « révolution ».

80 ans après, une histoire de la révolution espagnole (1936-1939)

Cette émission radiophonique réalisée par Sortir du capitalisme constitue une excellente introduction à l’histoire de la révolution espagnole et ses problématiques.

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80 ans après, une émission d’histoire de la révolution espagnole (1936-1939), de l’anarchisme, de l’anarcho-syndicalisme et du communisme libertaire en Espagne, de l’Espagne du 19ème siècle aux années 1930, des communes aragonaises, de la guerre civile, de la militarisation, de ladite « violence révolutionnaire » et de la contre-révolution républicano-stalinienne – avec Les Giménologues.barcelonne

L’émission est divisée en 4 parties :

–  Histoire du communisme libertaire, de l’anarchisme et de l’anarcho-syndicalisme en Espagne jusqu’en 1936, avec en fond une histoire de l’Espagne du 19ème siècle au Front Populaire de 1936 (59 minutes)

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– Histoire des transformations idéologiques et stratégiques d’une partie de l’intelligentsia libertaire avant Juillet 1936 (et après), histoire de l’Espagne de Février 1936 jusqu’au conflit militaire avec Franco, histoire de la révolution et de la contre-révolution en Catalogne (1936-1939) (48 minutes)

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– Histoire de la révolution et de la mise en route du communisme libertaire en Aragon, description du fonctionnement des communes fédérées, histoire de l’écrasement républicano-stalinien des communes aragonaises (1936-1938) (49 minutes)

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– Histoire de la militarisation forcée des milices, de la contre-révolution républicano-stalinienne et de la victoire nationaliste, discussion autour de ladite « violence révolutionnaire » anarchiste (18 minutes)

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L’émission complète avec toute les parties :

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barcelone_19_juillet_1936Cette émission est complétée d’une autre émission, celle de présentation des deux ouvrages des Giménologues, Les Fils de la Nuit. Souvenirs de la guerre d’Espagne (Libertalia, 2016) et A Zaragoza o al charco ! Aragon 36-38, récits de protagonistes libertaires (L’insomniaque, 2016), avec en début d’émission un extrait du feuilleton radiophonique (contextualisation historique suivi d’une mise en scène du récit d’Antoine Gimenez, milicien libertaire), en première partie une présentation des Fils de la Nuit (version augmentée) et en deuxième partie de A Zaragoza o al charco !, en fin d’émission une discussion autour de ladite « violence révolutionnaire » (complémentaire de l’autre émission).

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Vous pouvez également télécharger dans notre médiathèque les deux travaux suivants réalisés par les Giménologues :

Alors c’est qui les casseurs ? (vf / 36min / 2016)

Un court documentaire autour de la lutte contre la « Loi travail » au printemps 2016 en France.

Ces derniers mois, un remarquable vent de contestation s’est levé contre la loi travail.
Face à lui, le gouvernement, ses ministres, son président et sa police, ont fait le choix d’une répression politique et policière, d’un niveau rare et multiplié les coups de force afin d’étouffer le mouvement.
La précarisation, la violence sociale et la manipulation médiatique sont tout autant de symptômes qui traduisent le malaise d’une société où le peuple est stratégiquement muselé.

Ce film porte la voix de ceux qui se révoltent, quels qu’ils soient, et surtout de ceux que l’on n’entend jamais, méprisés par le pouvoir, les médias et le discours dominant.