Raoul Vaneigem, une critique émancipatrice du capitalisme

Une émission de Sortir du capitalisme à l’occasion du cinquantenaire de Mai-Juin 1968, une présentation et une discussion critique du Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations (Gallimard, 1967) et de De la grève sauvage à l’autogestion généralisée (UGE 10/18, 1974) de Raoul Vaneigem, et surtout de sa critique du capitalisme et son dépassement révolutionnaire.

Écouter la première partie de l’émission :

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Avec une présentation de son contexte d’écriture (suite à une grève générale en Belgique en 1960-1961) et de parution (révoltes étudiantes en Allemagne et aux Etats-Unis), son auteur (Raoul Vaneigem), son style (littéraire), ses inspirations (Reich, Nietzsche, Marx), son rapport aux surréalistes et aux thèses de Baudrillard et de Lefebvre, son statut de best-seller et d’inspirateur de Mai-Juin 1968, sa critique du marxisme-léninisme, ses références aux révoltes historiques (Russie 1917, Ukraine 1918-1921, Barcelone 1936-1937, Hongrie 1956), son appel à une alliance des ouvriers et des étudiants radicaux, sa critique du travail et de la consommation, et enfin son imaginaire d’un dépassement émancipateur du travail comme activité capitaliste.

Écouter la seconde partie de l’émission :

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Avec une présentation de sa critique des rôles capitalistes, aliénants, séparés de travailleur, d’étudiant, d’adolescent, de père et de consommateur, son anticolonialisme et son anti-patriarcalisme (limité), son appel à un refus subjectif des contraintes capitalistes et à une réinvention épanouissante du quotidien, sa conception d’une révolution comme transformation immédiate des rapports sociaux quotidiens et comme œuvre d’art collective, son dépassement de l’opposition du formalisme assembléiste et du spontanéisme informel, son étrangeté totale au « libéralisme-libertaire » (un concept erroné du sociologue stalinien Michel Clouscard) et sa critique des récupérations publicitaires des désirs révolutionnaires, sa volonté d’un détournement créatif (et non d’une réappropriation) des moyens de production capitaliste, sa critique des limites imposées à un épanouissement subjectif (un « vitalisme » non-normatif, pluriel, existentialiste), et son horizon d’une fédération post-capitaliste (sans Marché, sans État, sans travail-marchandise) des communes et des subjectivités radicales.


Pour aller plus loin :
Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations
De la grève sauvage à l’autogestion généralisée

Raoul Vaneigem – Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations

Livre de Raoul Vaneigem paru en 1967 et qui exerçât une grande influence parmi les franges les plus radicales du soulèvement de mai 68 en France et durant les années qui suivirent dans les mouvements révolutionnaires autonomes à travers le monde.

« Le Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations marque l’émergence, au sein d’un monde en déclin, d’une ère radicalement nouvelle.
Au cours accéléré qui emporte depuis peu les êtres et les choses, sa limpidité n’a pas laissé de s’accroître. Je tiens pour contraire à la volonté d’autonomie individuelle le sentiment, nécessairement désespéré, d’être en proie à une conjuration universelle de circonstances hostiles. Le négatif est l’alibi d’une résignation à n’être jamais soi, à ne saisir jamais sa propre richesse de vie.
J’ai préféré fonder sur les désirs une lucidité qui, éclairant à chaque instant le combat du vivant contre la mort, révoque le plus sûrement la logique de dépérissement de la marchandise. Le fléchissement d’un profit tiré de l’exploitation et de la destruction de la nature a déterminé, à la fin du XIXe siècle, le développement d’un néocapitalisme écologique et de nouveaux modes de production. La rentabilité du vivant ne mise plus sur son épuisement mais sur sa reconstruction. La conscience de la vie à créer progresse parce que le sens des choses y contribue. Jamais les désirs, rendus à leur enfance, n’ont disposé en chacun d’une telle puissance de briser ce qui les inverse, les nie, les réifie en objets marchands. Il arrive aujourd’hui ce qu’aucune imagination n’avait osé soutenir : le processus d’alchimie individuelle n’aboutit à rien de moins qu’à la transmutation de l’histoire inhumaine en réalisation de l’humain. »

Raoul Vaneigem

Cliquer sur la couverture pour télécharger le pdf du livre :


Pour aller plus loin :
De la grève sauvage à l’autogestion généralisée
Raoul Vaneigem, une critique émancipatrice du capitalisme

René Binamé – 71-86-21-36

Reprises et adaptations de chants révolutionnaires par le légendaire groupe René Binamé réalisé en 1996. L’archive contient le livret avec des précisions historiques.

René Binamé – 71-86-21-36

 

Liste des pistes :
01 Révolte (Sébastien Faure)
02 Juillet 1936 (Serge Utge-Royo)
03 La chanson du Père Duchesne (traditionnel)
04 La Makhnovschina (Atourof)
05 Hécatombe (Georges Brassens)
06 La rue des Bons-Enfants (Guy Debord)
07 Le chant des partisans (Druon, Kessel, Marly)
08 Dynamite (Martenot)
09 Le triomphe de l’anarchie (Charles d’Avray)
10 L’internationale en concert (Eugène Pottier)
11 Embrasse (René Binamé)
12 L’intersidérale (René Binamé)
13 L’internationale boursière (René Binamé)

La Révolte et autres morceaux en concert :